PRINTEMPS
L'âge des emballements roses, Quand je croyais que le destin Me servirait chaque matin Une princesse, avec des roses
Autour, dans tin rare décor Où des esclaves accoudées Rêvent parmi des orchidées; L'âge où je n'avais pas encor
Brillé ma dernière cartouche, Quand ma maîtresse joliment Me grondait d'être trop gourmand Et toujours porté sur sa bouche...
Et malgré ton éclat. Printemps, Et les serments des amoureuses Je sens les angoisses heureuses Du deuil automnal et du temps.
Oui, tous nos bonheurs, par 'jonchées, Avec les rameaux arrachés, Sont lamentablement couchés Sur les pelouses desséchées
Des hommes beaux comme des dieux Emmènent à leurs bras des femmes Qui sont belles comme des femmes!
Toutes et tous ont dans leurs yeux
Des regards longs comme des lances !
Ils passent devant ma maison; Ils me disent : « Viens-tu? )> Mais on Ne me la fait phis aux troublances.
Vous pouvez me tendre la main, Non, je ne serai pas le vôtre :
Dans ma sagesse je me vautre; Passez, passez votre chemin;