MURCIE
En ces temps-là, vers l'an sept cent dix du Messie Ayant Abd-el-Aziz ben Mou^a pour émir, Les Arabes faisaient le siège de Murcie : [^es Goths d'Flspagne avaient pour chef Théodomir.
Or, des murs de Tolède aux murs de Carthagène, On vovait sur la croix resplendir le croissant, Kt par cinq ans entiers de résistance vaine L'Esjiagne était à bout de forces et de sang.
Seule encore, Murcie arrêtait la conquête. 'J'héodomir, forçant les Sarrazins surpris. Avait su rallier, au soir d'une défaite, Dans la ville en ruine une armée en débris.
Abd-el-Aziz avait souri de l'entreprise : Ses Arabes étaient plus nombreux douze fois; Un seul assaut d'une heure et Murcie était prise..., Et Murcie en trois jours en eut repoussé trois.
Car ces vaincus étaient d'invincible nature Sachant, si près que soit le glaive menaçant. Qu'une trop prompte paix fait la honte qui dure. Et que l'honneur d'un peuple
est plus cher que son sang.
Pourtant elles étaient terribles les batailles,
On en tuait pourtant de ces chiens de chrétiens;
Mais toujours leurs soldats
couronnaient les murailles.
Et jamais leurs créneaux
ne restaient sans gardiens.
Après trente longs jours de défense tenace, Abd-el-.\ziz songeur ne savait que penser: « Ils ne sont pas en tout trois mille dans la place. (1 Où prennent-ils le sang que je leur fais verser ? »
Tharick, son lieutenant, lui dit:
« Ces gens qu'on tue, c Se font tuer, Seigneur,
sûrs qu'il leur faut mourir, 0 Mais promets-leur la vie, et Murcie est rendue. » Abd-el-Aziz lui dit: « Tu peux la leur offrir. »
Tharick revint bientôt : « je m'étais trompé, maitre, ■ s C'est trop peu que la vie à ce peuple indompté ; « T,a hberté, voilà ce qu'il faut leur promettre. » Et l'émir dit : « J'accorde aussi la liberté. »
Pour la seconde fois, Tharick ne tarda guère « Maître, ces obstinés ont la folie au front; « Ils exigent de nous les honneurs de la guerre. - « Par Mahom ! dit l'émir,
c'est la mort qu'ils auront.
Mais avant d'ordonner ce dernier holocauste, 1 L'émir fit à cheval le tour de leurs remparts; || Les Espagnols armés étaient tous à leur poste Et les lances d'acier brillaient de toutes parts.
Tharick, qui l'escortait, mordant sa barbe grise « Des vainqueurs comme nous sont assez glorieu « Pour que, sans amoindrir notre part déjà prise a Nous rendions quelque honneur
à des vaincus comme eu>
« D'autant f|ue si la lutte est ce que tout l'annonce « Nous perdrons bien du temps,
bien des hommes, ici.
« Si j'allais leur 7)orter une bonne réponse? » Abd-el-Aziz, lassé, lui répondit : « Vas-y. »
L^ne heure aj^rès, Murcie ouvrait sa l(>urde port<! Le cortège avançait silencieux, hautain ; '
Théodomir marchait en tête sans escorte. Blessé. — Devant l'émir il s'arrêta soudain.
« Sultan vaincjueur, dit-il,
vois-tu qui m'accompagne c Vois-tu ces longs cheveux?
Vois-tu ces faibles main; « Les femmes de Murcie ont défendu l'Espagn « Donnant aux hommes morts
ces vengeurs surhumains.
— Les cœurs de vrais soldats • ;
aiment les grandes âmes, -1^ Abd-el-Aziz, frappé de respect, s'inclina : « Ma coutume n'est pas de dépouiller les femme « La ville de Murcie est à vous, gardez-la. s
C'est ainsi que vers l'an sent cent dix du Messi Abd-el-Aziz, le sage et glorieux émir, Octrovnit un rovaume aux femmes de Murcie, Et les femmes prenaient pour roi Théodomir
Epithalame
beaux amoureux n'avez pas de crainte, voeux bien coni,us sont vite exprimés, ruit est impie, où la joie est sainte, lain d'un ami ne veut qu'une étreinte,
beaux amoureux n'avez pas de crainte, ; dirai pas que vous vous aimez.
e dirai pas, fée au doux sourire, quel rej:;ard vous le regardez, in mou ami, je n'irai pas dire |ue ce regard a sur vous d'empire, e dirai rien, fée au doux sourire, grands secrets-là sont trop bien gardés !
Ce que je dirai, ce sont tous ces charmes: Jeunesse, beauté, grâce, esprit, honneur, Ces yeux sans détours, ces cœurs sans alarmes. Puis c'est ta bravoure, ô mon frère d'armes ! Ce r|ue je dirai, ce sont tous ces charmes. Qui font cet amour si gros de bonheur.
Voyez-les tous deux j>artir dans la vie... Ah ! le doux sentier que le droit chemin ! Que la route est douce à (|ui l'a suivie, Et qu'on les admire et qu'on les envie. Vovez-les tous deux nartir dans la vie. Les yeux sur les yeux, la main dans la main !
rs5'^r
Allez, chers amis, et que Dieu vous garde ! I^es matins sont beaux des belles amours. Allez, le Printemps vous sert d'avant-garde. Mais le bonheur fuit (juand on le retarde. Allez, chers amis, et que Dieu vous garde ! Jeunes bien longtemps, bienheureux toujours!
bonnes:"
êtes la beauté, la "race et la jeunesse, .me, et celui-là qu'im vient d'unir à vous ien l'homme le plus vaillant que je connaisse rtte épouse avait mérité cet é{>oux.
Aussi mon cœur d'ami chante un chant d'allégresse C'est si beau le bonheur, et l'amour c'est si doux. Quel présent apparaît, ouel avenir se dresse. Ah ! plus que tous heureux, soyez fiers entre tous..
"Et nul souci ne vient troubler mon espérance. Vous qui sortez d'un sang prodigué pour la France, Vous n'enlèverez pas ce chef à nos soldats,
Vous n'abuserez pas du cœur qu'il vous confie. Et s'il apprend par vous tout ce que vaut la vie, Tout ce que vaut la gloire il ne l'oubliera pas !