LA PAIX
La Paix est chère assurément ;
Bien fou qui dira le contraire.
Il est certain qu'en l'aflirmant.
Ces bons messieurs du parlement
N'en parlent pas à la légère.
Ils disent bien : la Paix est chère !
Mais elle est chère... diablement!
Quinze milliards! jiour le moment; On verra ])lus tard à mieux faire.
Sans compter, tout travail chômant.
Cent mille hommes, bon an mal an.
Quittant l'atelier ou la terre.
Ils disent bien: la Paix est chère, Mais elle est chère extrêmement.
Et si c'était tout seulement ;
Le temps et l'argent ce n'est guère,
Ça se regagne en un élan.
Mais il est un autre bilan
D'affronts, de honte, de misère...
Ils disent bien : la Paix est chère,
Mais elle est chère, indignement !
Aussi dans cet effacement Tout s'arrête, rien ne pros])ère.
Et de ce déclin alarmant Qui profite? c'est l'Allemand.
Oui pâtit? c'est la France entière.
Ils disent bien : la Paix est chère, Mais chère abominablement !
Enfin, — suprême châtiment ! —
Toute sympathie étrangère
S'éloigne de nous tristement
En voyant ce gouvernement
De la paix n'importe comment
Et d'en aucun cas pas de guerre !
Ils disent bien: la Paix est chère.
Chère à n'en plus vouloir, vraiment !
-- — <li»-^^^»4t^
Bon JOQP, bon an !
Bon jour, bon an, ^lère France !
— Nouveau temps, nouveau chemin
Voici venir l'espérance,
Reprends ta vieille assurance.
Voici venir l'espérance :
Hier est mort, vive Demain !
Que ta terre au sol fertile, Au sol que nous défendrons.
Comble d'un trésor facile Le vagabond sans asile, Comble d'un trésor facile Moiisunneurs et vignerons.
Que tes rivières actives Portent partout en tout lieu.
Entre leurs fécondes rive»
La fraîcheur de tes eaux vives, Entre leurs fécondes rives Les reflets de ton ciel bleu.
Que sur nos fronts, dans nos veines, Soufflant l'air i)ur des grands bois. Tes vieilles forêts de chênes Croissent toujours plus hautaines.
Tes vieilles forêts de chênes Raniment tes vieux Gaulois.
Que tes fils, ô Mère sainte.
Libres des devoirs finis,
Soipnt sous ta robuste étreinte
Fiers sans haine, heureux sans crainte.
Soient sous ta robuste étreinte
Unis tous, tous réunis.
Dieu sourit à qui l'implore.
L'impie est aveugle ou fou :■
Mets ta robe tricolore,
Le nouvel an vient d'éclore,
Mets ta robe tricolore
Et ta croix chrétienne au cou.
Et chantons l'hymne de fête,
— Nos jjleurs n'ont (jue trop jailli ^ Quand c'est d'espoir qu'elle est faite, Quelque deuil qu'on ait en tête, Quand c'est d'esjjoir qu'elle est faite, La gaité n'est pas l'oubli.
Bon jour, bon an, Mère France
— Nouveau temps, nouveau chemin — Voici venir l'espérance,
Re]irends ta vieille assurance, Voici venir l'espérance :
Hier est mort, vive Demain !
Chaûsoû de mat^che
Pour ravager comme une trombe A gauche, à droite, en large, en long, Sans qu'on puisse voir d'oii i;a tombe ; Pour tout bousculer, nom de nom 1 ! \'ive la l)umbe !
\'ive la brimbe !
Pour tout bousculer, nom de nom !
Vive la bombe et le canon !
Tîètes et gens, oui, tout se cabre. Quand le canon ouvre le bal ; Mais à cette danse macabre, 11 faut un galop infernal.
Vive le sabre !
Vive le sabre !
Il faut un galop infernal, Vive le sabre et le cheval 1
Le cheval court, le canon flambe !
Mais pour donner l'assaut.. \"iens-v !
Toujours joveux, toujours ingambe, C'est le fantassin qu'on choisit,
Vive la jambe 1
Vive la jambe !
C'est le fantassin qu'on choisit.
Vive la jambe et le fusil !
R celle-ci
tu veux de ma vie un jour et puis un jour, tesse passagère, entre dans ma demeure, des pesants soucis (|ui font mon front si lourd
uirai garde qu'aucun te touche ni t"ef fleure ; is, comme ces vieux vins
(|ue l'on verse au retour, verserai pour toi ma paîté la meilleure,
I tu veux de ma vie un jour et puis un jour.
tu veux de ma vie un mois et puis un mois, pacte de plaisir peut se signer encore, lus choisirons Avril et la senteur des buis, m et ses douces nuits avec sa douce aurore.
lis, nous nous quitterons sans ces sombres émois,
ieurs de regret
qu'un trop long bonheur fait éclore, tu veux de ma vie un mois et puis un mois.
Si tu veux de ma vie un an et puis un an...
O vanité ! tout est vanité, dit l'apôtre !
Tous nos beaux feux de joie à l'éclat ra)-onnant
Pourraient bien être éteints d'une saison à l'autre ;
Mais tant qu'ils flamberont
comme il$ font maintenant, Quel sort sera le tien ! quel délice le nôtre ! Si tu veux de ma vie un an et puis un an.
Mais, si tu veux ma vie entière et pour toujours. Oh ! alors, laisse-moi redevenir moi-même. Et triste sans contrainte et morne sans détours, Je t'ouvrirai le fond de ma douleur suprême. Et ta douleur sera mon suprême secours. Car c'est ainsi (|u'on souffre
et c'est ainsi f|u'on aime, Quand on veut une vie entière et pour toujours.
Vœax sappêmes
Une tombe à moi? I'(iur(|uoi faire i Dormir tout seul, je ne veux pas.
Je veux dormir dans l'ossuaire Cjte à côte avec mes soldats.
() mes vieux compagnons de guerre, Cette grand'halte est la dernière; (Juvrez-moi vos cœurs et vos bras !
Un linceul à moi? Pourquoi faire?
C'est bon pour qui meurt dans ses draps. Le lit du soldat c'est la terre, La terre rouge des combats.
O mes vieux comjiagnons de guerre.
Mon souhait est une prière :
Ouvrez-moi vos cœurs et vos bras !
Des larmes sur mol? Pourfjuoi faire?
Que les vaincus sonnent le glas !
La France a repris sa frontière.
Mes derniers cris sont des vivats.
O mes vieux compagnons de guerre, SniifFrir n'r-,t rien, mourir n'est guère !
' ''I I ■ . '<<■■> \ i' , l 'curs et \os bras !
EUC,.<-t^y