‹ L'esprit françaisChapitre 51 sur 315 · CHANT DE GUERRE · texte numérisé non relu

CHANT DE GUERRE

Nous les vaincrons ! Nous les vaincrons ! Xous les vaincrons ! Xoiis les vaincrons !

Dix contre un comme des larrons Ils nous ont volé la victoire.

Un contre un nous les reverrons...

Nous reverrons aussi la prloire.

Allons, Peuple abreuvé d'attronts.

Qu'on boucle sacs et ceinturons !

Voici la guerre expiatoire.

Nous les vaincrons ! Nous les vaincrons ' Sonnez la charge, clairons !

Ah ! petits soldats sans chevrons,

Fusils neufs et bravoures neuves,

Au feu nous vous éprouverons.

Ce seront de rudes épreuves.

Mais morts ou vifs, nous coucherons

Ce soir-là, dans les environs

Du vieux Rhin, le fleuve des fleuves !

Nous les vaincrons ! Nous les vaincrons I Sonnez la char<je, clairons 1

Nous les vaincrons! Nous les vaincrons! Nous les vaincrons! Nous les vaincrons!

Pour ces princes et ces barons Nous sommes rieupie de roture...

Eh bien ! Nous nous anoblirons î La Mort fera l'investiture !

De pour])re nous nous vêtirons.

Nos balles seront nos fleurons.

Notre devise : « Feu cjui dure ! »

Nous les vaincrons ! Nous les vainirons I Sonnez la charge, clairons !

Les éclairs ne sont pas si i)rom)its, T>a foudre n'est jias si soudaine Que l'élan dont nous poursuivrons Leurs soldats fuyant dans la plaine. Regardez-les, nos escadrons, Sabrant les casques et les fronts !

Regarde, Alsace ! Voi>, Lorraine !

Nous les vaincrons! Nous les vaincron.^ Sonnez la charge, clairons !

Nous les vaincrons! Nous les vaincrons!

O Dieu l'uste ! nous t'implorons.

Dieu du salut et des naufrages !

Quand l'homme tient les avirons.

C'est ta main qui tient les orages; Et les proiets des fanfarons Tu les traverses, tu les romps.

Mais tu soutiens les vrais coura

Nous les vaincrons ! Nrus les vaincrons ! Sonnez la charge, clairons !

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Regardez-les, nos escadrons.

Sabrant les casques et les fronts !

Regarde, Alsace ! Vois, Lorraine!

Nous les vaincrons ! Nous les vaincrons î

Caton Tancien

I,r Peuple est au Forum, stimbre, iii()uift, fébrile, Kt de l'arc de Fabius jusques au vieux Canal, Les doctes harangueurs, que raillait Paul-Emile, Expliquent à -^'rand bruit de qui vient tout le mal.

« C'est Caton, c'est le vieux censeur atrabilaire

« Qui voudrait (|ue riartout Rome imposât ses lois,

« Et qui, si le Sénat n'enrayait sa colère,

« Lancerait les Romains sur les Carthaginois.

<t Et pourquoi?

Dans quel but cette guerre nouvelle?

« Carthage,

qu'il nous peint sous de fâcheux aspects, « N'est pas plus un danger pour nous

que nous pour elle.

« Rome n'a plus besoin de gloire, mais de paix. »

Ainsi j)arlent, mns'jjiaul leurs secrrtes attaijues. Maints sophistes gagnés par l'or patricien. Car le Sénat, hostile à Caton comme aux Graxques N'a ni l'esprit nouveaUj ni l'esprit ancien.

II a, dans la richesse, énervé sa vaillance ; L'égoïsme a faussé jusqu'à son jugement; Et sa ténacité, faite d'imprévoyance.

Aux plus justes [>rogrès s'oppose obstinément.

Comme jadis !':imnur jaloux <]e la Patrie

Il a la passion jalouse du pouvoir.

Et les tribuns assis au seuil de la Curie

Sont pour lui deux geôliers qu'il s'irrite d'y voir.

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