‹ L'esprit françaisChapitre 53 sur 315 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

D ma France, ma vie est mêlée à ta vie ; fes tiauts faits ont grisé mon cœur d'adolescent ; Mon coeur d'homme a pleuré sur ta gloire ravie l£t tes 'blessures même ont fait couler mon sang.

Penché sur les récits de ton antique histoire, [our par jour j'ai suivi ton essor radieux Et les contours sacrés de ton vieux territoire, Comme un portrait d'aïeul, sont fixés dans mes veux.

Et tels je les ai vus avant les jours de larmes. Tels en des jours vengeurs je veux les voir enror A ton premier appel prêt à prendre les armes. Prêt sur ton premier signe à recevoir la mort.

Par mon amour pour toi nul amour ne l'égale; Car je t'aime dans tes succès, ilans tes revers, Dr"''" 'lOn ardent besoin de justice idéale, O Martyre du droit, soutien de l'Univers!

Et puis, — pourquoi cacher ma faiblesse pa'ienne? — Si de tes dons divins tout mon être est hanté. Chère Elance, qu'un Dieu clément a faite mienne. Je l'aime... oh ! oui, je t'aime aussi ]K>ur tabeaute !

J'ai compté les trésors infinis de ta terre;

J'ai respiré l'air pur et léger de ton ciel ;

Et toi que j'adorais d'uii amour presque austère,

Je t'aime d'un amour jaloux et sensuel.

Ce n'est plus seulement l'Alsace ou la Bretagne, La Lorraine ou l'Anjou, la Provence ou l'Artois; C'est ton champ, ta forêt, ton fleuve, ta montagne. Ton vieux sol que chérit

mon cœur de vieux Gaulois.

Et je veux, —

attendant qu'ini Brennus nous délivre, ■ — Caché comme un druide au fond d'une forêt, Chanter ta bonne terre où le ciel m'a fait vivre, Et tes bons paysans sans qui rien ne vivrait.

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