‹ L'esprit françaisChapitre 56 sur 315 · MOISSONS · texte numérisé non relu

MOISSONS

Les blés, les puissants blés ondulent sous le vent : C'est le manteau divin de la mère des hommes, La Terre, en qui tout vit,

et pur qui tous nous sommes Nous, l'argile pétrie au '^lé du Dieu vivant.

Les blés, les puissants blés

courbent leurs lourdes têtes.

La main de l'Eternel les sacre et les bénit. La paille est verte encor sous l'épi qui jaunit. Preservez-les, Seigneur, du souffle des tempêtes!

Les blés, les puissants blés sont un océan d'or Vaillant galérien dont la faux est la rame, L'hommjC des champs,

courbé sous un soleil de flamn Passe à travers ce flot qui cède à son c-tTdit.

Les blés, les puissants blés

en leurs faisceau.x superl Semblent au loin un camp dressé sur le terra ( "rloire à Dieu ! —

Les grillons entonnent leur refraj C'est la chansjn du pain qui monte dans les geihj

MACHINE A BflTTl^e

Le chauffeur allume et le feu flamboie. Rourou ! tourourou ! la machine part.

Sur la roue en fer on met la courroie ; Et le grain de blé, le grain qui chatoie, Comme un torrent d'or sourd de toute part.

« Par ici ! les gars. Un sac ! vite, vite ! « Celui-ci déborde et cet autre est plein. » Et, la lourde gerbe à peine introduite, La machine ardente ardemment conduite, Rejette la paille et verse le grain.

Elle coule à flots l'heureuse fontaine. Et, narguant gaiment les lléaux de bois, Les fléaux de fer sans reprendre haleine Laissent respirer la machine humaine Et font en un jour le travail d'un mois.

— « Çà ! «lit le cluiufTeur, — saint Eloi l'enseigne ■ « Eteignons les feux qui n'ont plus d'emploi « Ma bonne batteuse a fini son règne, K Apporte, garçon, pour que tout s'éteigne, « L'n seau d'eau pour elle et du vm pour mo '

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"\ aillant galérien dont la faux est la rame.

L'homme des champs, courbé sous un soleil de flamm;

Passe à travers ce flot qui cède h son effort.

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