ÉCOLIER
Pffit garçon, qui te rends à l'Ecole, Cueillant les fleurs et buttant les buissons. Le temps qu'on perd est du bien qu'on se vole Petit garçon, sonj^e à la parabole : '
Sans le bon grain pas de bonnes moissons.
Cet alphabet sur lequel tu sommeilles, Ce crayon noir qui te semble odieux, C'est la clef d'or du pays des merveilles. Petit garçon, l'erreur vient des oreilles, La vérité suit le chemin des yeux.
Pour vivre il faut produire, acheter, vendre; Nul aujourd'hui ne compte sur ses doigts: Que sauras-tu ne voulant rien apprendre? Petit garçon, l'homme doit se défendre, Il est des loups ailleurs que dans les bois.
Des gens viendront qui te voyant t'instruirc Se récrieront: « On en sait trop toujours; « Bien labourer vaut autant que bien lire. » Petit garçon à ces gens tu peux dire:
« Un bon écrit vaut mieux qu'un sot discours.
D'autres voudront, dans leur orgueil facile, Effacer Dieu de ton coeur obscurci, Ils railleront ta prière docile.
Petit garçon, cite-leur l'Evangile.
La vieille Eglise est une Ecole aussi.
Efl i^outh
Il est parti pour l'armée, "^
Le cœur gros, l'esprit soumis.
Les chercheurs de renommce ^
Ne sont pas de ses .imis.
Il est parti pour l'armée. '^
Il embrasse tous ses vieux.
Et vers sa pauvre demeure
Il tourne longtemps les yeux
Trois ans ce n'est pas une heure !
Il est en route à nrésent Le bon petit paysan.
Il est parti pour la guerre.
II aurait mieux aimé pas.
Mais quoi ! puisqu'on doit la faire,
Puisqu'ils V vont les soldats.
Il est parti pour la guerre.
C'est au hasard qu'il fait feu A la première escarmouche :
A la seconde, morbleu ! '
Il guette, il ajuste, il touche.
Il est en route à présent Le boa petit paysan.
Il est parti pour la gloire, Sans bien savoir ce que c'est.
Mais il croit ce qu'il faut croire, Ce qu'il faut faire il le fait.
Il est parti pour la gloire.
O race bonne aux combats, De corps vaillant, d'âme saine!..
Quels sotdats tu formeras 1 Quand tu' seras capitaine !
lî est en route à présent Le cher petit paysan :