SCENE VII
ïlENE, puis FERGAN. Après avoir regardé partir Michel, elle revient se laisser tomber sur un fauteuil, dans u?ie attitude pensive. Fergan rentre par la parte de son appartement, à gauche.
Il est resté en tenue de soirée, sauf pour le veston de chambre qu'il a revêtît. Il arrive sans avoir été entendu d'Irène, jusqu'à poser les mains sur le dossier du fauteuil où elle est assise.
FERGAN. — Vous dormiez ?
IRÈNE, sursautant. — Vous m'avez fait sur!
FERGAN, aimablement. — Ce n'était pas on intention. Je ne comptais pas vous
retrouver au salon à cette heure. Il n'y a plus de feu ici. (// lui prend les doigts.) Vos mains sont toutes froides...
IRÈNE, se dégageant. — Laissez-moi.
FERGAN. — Qu'est-ce qui vous prend?
IRÈNE. — Je ne m'attendais pas à ne plus être seule.
FERGAN. — Vous avez vos nerfs ?
IRÈNE. — Oui.
FERGAN, très galant. — Cela vous va très bien. Vous n'en êtes que plus jolie encore...
IRÈNE. — Je vous en prie, laissez-moi !
FERGAN. — Etes-vous méchante !... Mais je suis décidé à ne pas me fâcher... (Il h prend par la taille.)
IRÈNE, se réfugiant vers son appartenuent. — Vous marchez sur ma robe !
FERGAN, lui parlant à l'oreille. — Je veux te conduire dans ta chambre...
IRÈNE. — Non !
FERGAN. Ecoutez...
IRÈNE. — Adieu ! {Elle a franchi le seuil de la porte et la referme vivement.)
FERGAN. — Irène!... {Il veut ouvrir.
Un verrou résiste. Il crie furieusement, à travers la porte.) Vous me paierez ça!...
li.ENE. — Non.
RCTE DEUXIÈME
Le théâtre re'présente le même décor gji'au ■premier o mai" à la lumière du jour. Les stores sont abaissés su j)orte vitrée du fond.
(Michel disparaît dans le jardin d'hiver.)