DE L*ACTS LE PLUS COMPLEXE
revêtir plusieurs formes secondaires et dérivéeSt C'est & la Logique qu'il appartient d'exposer ces choses et dd les régler; elle est, à proprement dire, la législatioo du raisonnement. Elle suppose constatés et reconnus \m faits psychologiques qui coacernent la raison, et elle doit apprendre à produire ces faits avec ordre, avec méthodCi et à les exposer convenablement par la pa-» rôle et dans le discours. Dogmatique et impérative, elle pose les lois de la raison, les règles qui eu découlent, et elle enseigne à observer les unes et les autres dans Texercice de la pensée, pour discerner la vérité de Terreur. La Psychologie expérimentale la précède nécessairement dans Tordre de renseignement , car elle lui fournit les données dont elle part. Pour imposer des préceptes à la raison et la diriger, il faut commencer par la connaître, au moins dans ses premiers développements, et dans ses rapports avec les autres facultés et le monde extérieur. Mais la Psychologie ne se mêle point de la partie législative. Elle est aux faits do l'esprit humain ce que la Physique est aux faits de h nature. Elle ol)serve, examine, constate, induit; elle établit une simple statistique, dont on pourra déduire des applications et des préceptes, qu*eUe ne se charge point de dértiontrer ni d'imposer.
Il y a le même rapport entre la Psychologie intellectuelle et la Logique, qu'entre la Psychologie morale et rÉlhique. La première décrit les faits moraux, depuis les phénomènes de rinslinct jusqu'à l'acte le plussu^ blime de la liberté ; elle étudie tous les sentiments, tous les mouvements de rame comme faits, sans en appré^
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cier la valeur morale. L'Éthique ou la science des mœurs, partant de ces faits, déduit les lois morales des rapports de la volonté de l'homme avec son Principe, avec ses semblables, avec ce qui lui est inférieur. Puis elle pose les règles de coodtiite qu'il doit suivre pour accomplir ces lois et vivre dans Tordre-, en d'aulres termes, elle lui prescrit ses devoirs en lui montrant d'un côlé ce qui l'oblige à les remplir et ce qui peut l'y aider, de l'autre ce qui tend à l'en détourner et i Tentrainer au mal. L*Éthique est donc dogmatique comme la Logique ; elle suppose des principes qui lui viennent de plus haut et qu^elle doit appliquer eu bas. Comme le juge sur son tribunal, elle est chargée d'appliquer la toi qu'elle ne fait pas et qu'elle ne peut défaire, ce qui implique une autorité supérieure dont la loi dérive et qui la lui impose. On retrouve du reste cette diàtinction dans toutes les sciences. En Médecine, la Pathologie n'est pas la Thérapeutique. L'une examine les maladies en tant que phénomènes, dans leurs symptômes, leurs périodes, leurs complications, leurs crises, leurs transformations,* leurs terminaisons, et elle -tâche par ces faits de découvrir leur siège, de remonter à leur cause, de déterminer leur nature. L'autre s'efforce d'établir un traitement d'après ces observations, et elle prescrit en conséquence» De même entre l'Anatomie et la Chirurgie. Il faut bien connaître toutes les parties du corps avant d'y porter le fer ou le feu, et les préceptes de l'art opératoire se fondent sur Tétude approfondie des faits anatomiques. La didactique doit toujours sortir do la connaissance des faits, et la partie théorique de tout
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enseignement suppose une statistique complète des phénomènes connus.
La pensée est Tacte essentiel de la raison. Penser c'est percevoir des rapports, et l'esprit ne cherche les rapports que pour saisir un ensemble , pour embrasser les parties dans un tout , pour voir ^ multiplicité dans Funité. Le but de ce travail de la raison est de connat* tre la vérité des choses dont elle peut juger; en d'autres termes, de s'expliquer à elle-même et aux autres le monde où elle est placée et les existences qu'il contient. Elle cherche donc trois choses dans la multiplicité des. phénomènes et des faits : 1*" des rapports , ^ un ensemble ou la réduction du multiple à l'unité , S"" les lois suivant lesquelles le multiple sort de l'unité et s'y laisse ramener.
Les rapports sont perçus et affirmés par le jugement. Quand le jugement porte seulement sur deux termes, le rapport est simple ou particulier : c'est la ligne droite unissant deux points. Lorsque le jugement concerne un grand nombre d'objets, l'esprit parvient à la perception du rapport par des opérations plus difficiles et
plus compliquées, Y abstraction et la généralisation. Abstraire, c'est considérer une partie séparément du tout auquel elle appartient, une qualité sans sa Substance , un effet sans sa cause , une conséquence sans son principe, une existence sans ses relations, un élément sans son composé, etc. La faculté d'abstraire est très-utile à la raison, au milieu de la multitude d'objets qui Pentourent et à cause de la complexité des choses; car la raison ne connaît bien que ce qu'elle a vu successivement et par parties. L'abstraction peut aussi lui devenir funeste, par la facilité qu'elle lui'donne d'envisager les choses sous une seule face, d'une manière exclusive, et dans le point de vue particulier de sa position et de sa convenance.
L'animal sent, perçoit, conçoit lès objets jusqu'à un certain point , puisqu'il les imagine et a une es- I)èce de réminiscence, par laquelle il reconnaît les lieux et les personnes. Mais ce qui lui manque, parce qu'il n'a point de raison , c'est la facilité de percevoir les rapports. Le rapport n'est point uile chose ma« térielle, qui puisse se saisir par image ou se représenter en figure-, c'est quelque chose de virtuel, de métaphysique qui échappe aux sens, à l'imagination , et qui n'est perçu que par l'intelligence et la raison. C'est pourquoi il est si difficile, sinon impossible, de définir un rapport , à quelque ordre de choses qu'il appartienne, géométrique, arithmétique, physique, mé-