CHAPITRE IX
de riatelItseBee.
L'esprit humain , qu'il ne faut piis confondre ayeo lame humaine^ étant le produit du développement des deux substances qui constituent Tbomme, participe nécessairement à la nature de chacune. Il tient à la fois de 1 ame et du corps, et de là ses divers degrés, suivant l'influence prépondérante de Tune ou de Tau* tre, à savoir : l'esprit inférieur posé*par la nature physique sous rinfluence des agents qui lui sont analogues, et dont la manifestation la plus brillante est Yimagi^ nation; l'esprit supérieur, posé par le développement de la nature psychique dont la première puissance est V intelligence; et enfin l'esprit moyen ou mixte, qui résulte de Téquilibre des deux , ou la raison. L'intelligence et la raison sont donc des facultés distinctes de l'esprit humain.
EXEII€ICK m L INTELUGENCK. 29S
L'intelligence est le rayonnement lumineux de Tàme, pénétrée et fécondée par la lumière divine. Elle établit autour de Tâme comme une auréole et détermine sa forme spirituelle, Y entendement pur, par lequel Thomme peut communiquer immédiatement avec le monde intelligible, avec la Sagesse divine. L'Être dans sa triple manifestation en Bonté, Vérité et Beauté, les idéaux et les idées, tels sont les objets de rintelligence. Les objets naturels de la raison, qui a été souvent confondue avec l'intelligence sous le nom de raison supérieure ou de faculté de l'absolu , sont les phénomènes ou les images des choses , les faits de la conscience , les notions abstraites et les signes qui les expriment. La raison , proprement dite» ne peut juger de ce qui est universel.
Nous avons dit au chapitre II ce que c'est que l'esprit en général, combien il y a de sortes d'esprits j et dans le chapitre III nous avons expliqué la constitution particulière de l'esprit humain , résultat des deux na^ tures qui coniposent l'homme, et ainsi les représentant dans leur union. Nous n'y reviendrons point. Nous voulons seulement marquer ici d'une manière saillante la
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distinction de rintelligence et de la raison, confondues par la plupart des philosophes, au grand détriment de la Psychologie.
L'esprit , nous Tavons vu, n'est pasTâme; il lui appartient comme une propriété, une qualité, une faculté à sa substance; car l'esprit créé n'a point de substance en soi , et c'eist pourquoi il ne peut subsister par lui-même ; il lui faut toujours un substratum qui lui serve de base et lui donne de la fixité. L'esprit humain, complexe par ses éléments, est cependant un par la personnalité et dans la conscience. L'intelligence et la raison ressortent du même esprit; elles en sont des puissances, mais des puissances distinctes; car elles diffèrent par les natures dont elles sont issues et qu'elles représentent. Dans l'homme adulte, l'intelligence, produit de la nature psychique ou rayon de Tâme, se mêle avec l'esprit de la nature physique dont elle reçoit nécessairement l'influence, à cause du développement simultané de toutes les parties de l'homme. Le caractère intelligent domine tant que l'élément psychique est en plus; quand les deux éléments se balancent , la raison parait. Nous ne pouvons concevoir la raison, ni même les opérations des sens, de la mémoire, de l'imagipation , de l'entendement exercées volontairement et avec conscience, sans l'intervention de l'intelligence ; mais on peut concevoir Tintelligence sans ces facultés, et par conséquent sans mélange d'esprit physique et d'influence inférieure : c'est ce qu'on appelle l'intelligence pure. Tels doivent être les êtres intermédiaires entre Dieu et l'homme actuel. Dans