EXERCICE DR L INTELLIGENCE
au-dessus de lui, mais la vertu elle-même ; car il touche la cho^ et non plus son simulacre, et en enfantant et développant en lui la vertu, il devient ami de Dieu et participe à l'immortalité. » (Banquet, éd. de Deux- Ponts, p. 246.)
L'école néoplatonicienne d'Alexandrie, éclairée d'un rayon chrétien tout en repoussant le Christianisme, a signalé Tinfelligence d'une manière encore plus éclatante.
« Pour contempler la Beauté éternelle, il faut fermer l'œil du corps, et ouvrir, exciter cet autre œil que tous les hommes possèdent, mais dont bien peu se servent. Il faut tourner cet œil intérieur vers les choses lumineuses ^ car c'est par lui seulement qu'on s'élève au monde intelligible pour y contempler les idées.» (Plot., EnneadeX^ liv. VI.)
« Si vous êtes pur, un en vous-même et s'il n'y a plus rien d'hétérogène en vous, alors vous devenez vous-même lumière vraie et pure, lumière incommensurable, non plus restreinte dans une forme, mais immense, au-dessus de toute mesure et de toute quantité. Dans cet état vous n'êtes plus qu'œil, que vue, et n'ayant plus besoin de guide, vous fixez votre regard et vous contemplez la Beauté éternelle, voile, tente, vêtement ou revêtement du Bien absolu. » (Plot., Traité sur le Beau.)
Il n'y a pas jusqu'à Âristote qui n'ait posé nettement la distinction de l'intelligence et de la raison dans les paroles suivantes tirées de VÊthique^ liv. VI, chap. i, a medio. « Scientificum animas, quo anima cognosiiit
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necessaria, est aliud principium et aJia par» animœ ab opinativo et ratiocinativo, quo cognoscit contingentia. »
Oa sait qu'Aristote avait été le di^iple de Platon, et bfen que la tendance toute positive de son esprit Tait surtout porté vers les choses terrestres et ainsi vers les parties de la connaissance qui y répondent, cependant il admettait, ainsi qu'on le voit dans ses livres sur la métaphysique, des principes nécessaires et éternels comme base de la science, et il les rapportait à l'intelligence ou à cette faculté de Tâme qu il «nomme la puissance scientifique^ pour la distinguer de la faculté opinalive et raisonnante.
S. Augustin, dans le livre i>« Spiriiu etAnimay t. I, chap. XIV, dit : « Cum ab inferioribus ad saperiora ascendere volumus, prius occurrit nobis sensusy deinde imayinatio^ deinde ratio^ deinde intellectus, postea întelligentia. »
Il dit ailleurs : « Eadem in bomine est ratio et iiUer* lectus, licet intelligere sit simpliciter veritatem intelligibilem apprebendere,, ra/iocinar» autem procedere de uno inteliecto ad aliud, hoc enim imperfecte, illud perfecte est. »
Dans son Traité sur la Trinité , chap. vu in fine : a Pars rationis superior intendit aeternis conspiciendis et consulendis; ratio inferior intendit temporalibus disponendis. »
S. Thomas dit dans la Somme , Quest 64, art. 2 : tt Differt autem apprehensio angeli ab apprehensione hominis in hoc, quod angélus apprebendit immobilitep
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per inlelleclum, sicut et nos appreheodimus prima principia , quorum est intellectus. Homo.vero per rationem apprehendit mobiliter discurreodo de uno ad aliud, habens viam procedendi ad utrumque oppositorum. )»
£t ailleurs : a El hoc est in angelis, quia statim in illis quœ primo naturaliter coguoscunt, inspiciunt omnia qusecunque in eis cognosci possunt, et ideo dicuntur iniellecivales; quia etiam apud nos ea quse stalim naturaliter apprehenduntur inielligi dicuntur; unde intelieclus dicitur babitus primorum principiorum. Animse vero bumanse^quse veritatis noliliam per quem* dam discursum acquirunt, raiionales vocantur. Quod quidem accidit ex debilitate intellectualis luminis in eis. » {Summ.^ Quœst. 58, art. 3.)
« Ratio est vis animée cognoscitiva, deductiva conclusionum ex prœmissis, elicitiva quoque inseosatorum ex sensatis et abstractiva quidditatum, nullo organo in operatione sua egens. Haec descriptio per uUimam par-* ticulam notât differre ralionein a sensualitate, qua) ulitur organo. Per alias autem ab intelligentia simplici secernitur^ eu jus operatio magis attenditur in receptione cognitionis simplicis a superiori luce, Deo, quam attendatur in deductione conclusionum^ quod est proprium rationisy sive principia suscèpta sint ab experientia per sensus*, sive illa sibi prœsentaverit ab alto simplex intelligentia... » (Joan, Gerson, J)e Mystica iAeologia speculaiiva^ Consid. xi, p. 371.)
« Très cognoscendi modi sunt, quorum unus animalis dicitur, utens maxime oculo carnis \ alius rationalis,