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CHAPITRE III

Les Révélations dans les types physiologiques sont fc& causes des Révolutions politiques et sociales.

Si fpp^snié?Uon physiologique léguée par les ancêtoss ptÂQ été modifiée par des extinctions de r^s^flal des mélanges de famille, par de nouvâîfe^^iâudes acquises, il n'y aurait pas eu de RivdUHwà de 89. D'aussi grands changements d'idées n'at^Tûênt pu trouver place dans les têtes des homïaé3>> si elles étaient restées ce qu'elles étaient au douzième siècle. Mais sous d'anciens noms empruntés surgissaient des familles toutes nouvelles qui apportaient avec elles un sang nouveau.

Une chose abusera longtemps les historiens.

Partout où ils voient un ancien nom, ils croient rencontrer les descendants d'une ancienne souche auxquels ils attribuent le tempérament d'ancêtres imaginaires. Rien n'est mieux fait pour altérer

l'histoire. Depuis que nous savons par l'histoire naturelle que les familles (1) historiques ont une durée très-limitée , qu'elles ne se prolongent pas au delà de deux ou trois siècles , que les noms s'effacent nécessairement, il n'est plus permis d'être dupes des subterfuges par lesquels les titres et les noms (2) tendent à se perpétuer. Affranchissons au moins l'histoire de ces simulacres. Rentrons dans la réalité.

Ne cherchez pas chez les modernes les gentes ou familles de la vieille Rome.

Celles-ci pouvaient se prolonger par l'empêchement des mariages entre les patriciens et les plébéiens. Dans le mariage moderne où Justinien épouse Théodora, la noblesse d'épée la noblesse de robe, et le grand seigneur la bourgeoisie enrichie, il ne peut plus y avoir de transmission physiologique du type de la noblesse et du grand seigneur..

Tout cela a disparu dans les formes héréditaires et la constitution physique plus encore que

(1) a L'extinction rapide des aristocraties et corps de citoyens fermés est un fait général de l'antiquité. » Benoiston de Châteauneuf, cité par A. de Candolle, Histoire des savants, p. 387. Voy. Mémoires de V Académie des sciences morales et politiques, V, 753.

(2) « On connaissait déjà la faible durée des familles de ducs, en Angleterre. » Voy. A. de Candolle, Histoire des sciences et des savants, p. 388.

dans la loi. Chaque jour je rencontre le type plébéien dans le noble, le type patricien dans le plébéien, et même dans le prolétaire.

. Avec quelle rapidité disparaissent les noms et les familles qui ne se recrutent que dans une classe! A Sparte, au temps de Cléomènes, il ne restait que cinq cents (1) Lacédémoniens en état de porter les armes.

En France, dès la première moitié du neuvième siècle, le sang teuton (2) avait disparu. Les familles des conquérants germains n'avaient duré que trois siècles. Il n'y avait plus de noblesse par la différence du sang. Il ne restait déjà que des Gaulois-Romains. Cette extinction rapide des conquérants barbares et le premier mélange des races furent marqués par la révolution qui mit les Capétiens à la place des Carlovingiens. Voilà pour notre histoire.

En Angleterre, dans la Chambre des lords, sur quatre cent vingt-sept sièges, quarante et un seulement sont antérieurs au dix-septième siècle (3). Tous les autres appartiennent à des hommes nouveaux qui remplacent les vieilles familles éteintes.

S'il en est ainsi de l'aristocratie anglaise, si elle

(1) Voy. Ot. Muller, Die Dorier, t. II, p. 195,

(2) De Maistre, Du Pape, p. vu.

(8) GeltoD, Hereditary Gcuius.

n'a conservé qu'un dixième de ses membres, jugez de ce qu'il faudrait dire de la France.

Par là s'explique une des difficultés du monde actuel. Les familles étant ainsi récentes n'ont aucune racine physiologique dans les temps de la féodalité. Les plus anciennes appartiennent à l'époque toute moderne où la noblesse comme la bourgeoisie était aux pieds d'un roi absolu. Dans leur constitution physique, elles n'ont pas une • fibre qui se rapporté à un temps antérieur. Nées dans le dernier moment de l'ancien régime, aux genoux d'un maître, dans la domesticité royale, elle n'ont reçu héréditairement que l'inclination à servir et obéir. Tempérament physiologique qu'elles ont puisé sous le régime des derniers rois.

Lorsqu'elles prétendent aujourd'hui commander, à titre de classes supérieures, on voit trop qu'elles se mettent en lutte contre leur propre tempérament. Façonnées à obéir passivement, par leurs propres origines, comment sauraient-elles commander? Elles ne le savent pas. Loin d'avoir sur leur front le signe héréditaire du commandement, elles portent celui de l'obéissance passive.

Voilà pourquoi il leur est impossible de faire accepter du monde actuel leur domination qui ne parait qu'un caprice. Invoquent-elles leurs an-

cêtres , ceux-ci n'ont qu'une réponse : Obéis, comme j'ai obéi. Ce n'est pas avec de telles traditions physiques et intellectuelles que se fondent les dominations d'une classe ou d'une race. Les conclusions des sciences naturelles aboutissent ainsi à une démocratie ou à une humanité formée de toutes les aptitudes nouvelles du corps et de l'esprit.

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