L ÉDIT DE NANTES
à quelque fastueux despote qui, d'un coup, achèvera de nous détruire? et qui, par suprême ironie, nous forcera nous-mêmes à approuver la ruine qu'il nous aura préparée?
Nous admirons l'édit de Nantes : soyons logiques ; admirons-en aussi les suites — jusqu'à la Révocation et jusqu'aux Dragonnades. Admirons la générosité de Louis XIV, accordant, en 1659, un dernier synode aux protestants, à condition qu'ils y déclarent, comme article de foi, que les sujets doivent totit souffrir de leur Prince.
Après cela, vraiment, on n'avait plus qu'à frapper. Le clergé catholique exigeait qu'on sortît enfin des ménagements, des transactions : il était las de sa tolérance et de la vérité offerte inutilement à l'incorrigible obstination de ces hérétiques. La patience de sa charité était épuisée : il était à bout. Il fallait que le bi-as séculier, trop longtemps en suspens, s'abattît enfin. Il réclama, donc, pour sauver l'État et V ordre, l'application immédiate et rigoureuse des lois, par lesquelles les empereurs Valentinien et Théodose avaient exterminé le paganisme
Conclusion logique ! Nouveau bienfait et non le dernier que l'humanité et la France devront à l'Eglise et à la race bourbonienne !