‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 109 sur 161 · Hatin, t. IV · texte numérisé non relu

Hatin, t. IV

3. On voit dans le tome IV des Mémoires que Bachaumont, en racontant le voyage du roi de Danemark à Paris, s'est aidé d'un journal écrit par des curieux sur le séjour de ce prince en France. (P. 146, année 1768.)

tenait à la « paroisse. » C'est en 1777 seulement que Pidansat de Mairobert eut Tidée de publier l'œuvre de Bachaumont et de la continuer. A-t-il donné le manuscrit entier? Pourquoi l'auteur, qui depuis si longtemps s'occupait de Nouvelles^ a-t-il commencé si tard son journal particulier?

La bibliothèque Mazarine possède douze volumes inédits de Nouvelles à la main^ dont une bonne partie, sinon le tout, a pour auteur ce même Pidansat de Mairobert*. Le recueil commence en 1762, comme le journal de Bachaumont, et finit en 1779, à la mort de Mairobert : cinq années manquent, de 1767 à 1772 ^. Évidemment ces feuilles manuscrites ont servi à Mairobert, à Bachaumont peut-être, pour composer les Mémoires imprimés : il faut toutefois remarquer qu'elles sont trèsinférieures aux Mémoires, et cette infériorité est surtout frappante quand on les compare aux volumes rédigés par Bachaumont lui-même. Beaucoup d'articles sont communs au journal et aux Nouvelles à la main; cela pourrait faire l'objet d'un examen intéressant, si Ton voulait entrer dans le détail. En général, notre impression est que ces feuilles n'ajoutent rien de bien curieux ni de bien utile aux recueils que nous possédons sur cette même époque.

Revenons aux Mémoires imprimés, qui gagneraient peu, selon nous, à recevoir ce suplément diffus de petits faits et d'anecdotes. Les 36 volumes, connus sous le nom de Journal de Bachaumont^ sont dus à

\. Manuscrits, n» 2803.

2. En revanche, pour certaines années, pour 1774 par exemple, il y a un double recueil de nouvelles. — Quelques feuilles portent encore l'adresse des abonnés m A M. Dubec, rue Saint-Honoré, vis-à-vis la rue Dufour, »

^84 LE GOUVERNEMENT DES FÂVOfilTES.

trois rédacteurs différents qui se succèdent de 1762 à 1787. La part de Bachaumont est de cinq volumes; Mairobert, mort en 1779, en a composé dix; le prolixe avocat, Moufïle d'Angerville , a fourni le reste. Le changement de rédaction se sent, d'ailleurs, à la différence des styles.

Pidansat de Mairobert, Champenois transplanté de bonne heure à Paris, élevé dès sa première jeunesse chez madame Doublet, laissait volontiers croire et dire •qu'il était né des amours de cette dame avec BachaumonL C'était l'enfant gâté de la maison et l'un des plus ^élés collaborateurs du journal hebdomadaire et manuscrit. Personnage vif et souple, intrigant hardi, parleur -caustique, oracle des foyers de la Comédie, courtisan des lieutenants de police, Sartines, Albert et Lenoir, habile à changer de masque et à se faufiler chez les grands, il nous figure assez bien un élève, un imitateur, un diminutif de Beaumarchais. Remuant comme son modèle, il lui manquait la verve étincelante, le turbulent génie du grand charlatan. Il fut censeur royal, secrétaire des commandements de Philippe-Égalité; il obtint le titre de secrétaire du roi. Compromis en 1779 dans les affaires du marquis de Brunoy, blâmé par arrêt du Parlement, il alla chez un baigneur, s'our vrit les veines dans le bain avec un rasoir et s'acheva d'un coup de pistolet *.

Mouffle d'Angerville , auteur bien connu d'une Vie privée de Louis XF, mourut en 1794. D reprit le journal en 1779 au IS' volume, il y mit une préface où il promettait d'insister davantage sur la politique et de réta-

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