‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 112 sur 161 · T. I, 50, 113, 142, ni ; t. U · texte numérisé non relu

T. I, 50, 113, 142, ni ; t. U

MÉMOIRES DE BACHAUMOiNT. 391

rapides, et partir de tous les points de Thorizon eaflammé. Les Mémoires de Bachaumont, remplis d'indications précises , notant à Theure juste le bruit et Téclat de toutes ces apparitions, reproduisent à nos yeux, a-vec ses yraies couleurs, cette perspective animée ; on croit en lisant respirer Tair de ce champ de bataille, et il résulte de ces courtes notices, nombreuses et menaçantes comme les symptômes qu'elles accusent, une peinture pleine de force dans sa simplicité.

Voici d*abord les écrits politiques ou économiques groupés autour du Contrat social (1162)^ depuis rAmi des lois et la Politique naturelle jusqu'au Traité sur l'exportation des grains. Ce n'est pas un observateur aussi intelligent, aussi bien placé que l'est Bachaumont, qui se méprendra sur la portée de ces écrits ou sur les conséquences « de cette fureur de raisonner en matière de finance et de gouvernement, » Malgré « bieu du fatras, )> ces livres, dit-il, contiennent des vues « profondes, philosophiques, conformes au vœu général de la nation, et très-propres à relever l'État. » Il ajoute, avec Barbier, qui terminait alors son journal : « Tout le public a ces livres entre les mains ; le peuple même s'en occupe et souhaite l'exécution des projets annoncés *. » De l'ensemble un peu confus des « vues profondes » dont parle Bachaumont se dégagent peu à peu les futurs principes de 89 et même ceux de 93 : « L'insurrection est le plus saint des devoirs, » déclare l'un de ces livres ; « les rois ne sont que les mandataires de la nation, répond un autre ; toutes les vieilles maximes de droit divin, d'obéissance passive doivent faire place à des appuis so-

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