‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 113 sur 161 · T. vin · texte numérisé non relu

T. vin

lides et durables, tels que Tamour de l'ordre et le sentiment de la nécessité d'un gouvernement parmi les hommes *. » La province rivalise avec Paris dans cette belle ardeur pour le progrès ; l'Académie de Caen, en 176S, propose « d'accorder aux laboureurs des distinctions honorifiques, sans leur ôter la simplicité, qui est la base essentielle de cet état utile et respectable ^. » Voilà l'idée première des concours agricoles.

La politique passe de l'Académie dans l'Église et monte en chaire avec certains prédicateurs. Il en est qui (( oublient le signe de la croix, )> qui suppriment toute prière, et font du sermon un discours moral et philosophique. C'est ce qu'on appelait en 1764 « prêcher à la grecque^. » D'autres, imitant tout ensemble la hardiesse des philosophes et la liberté des Pères de l'Église, tonnent devant la cour contre les scandales des courtisans, et n'épargnent pas la royauté : « Un jour, que l'abbé de Beauvais, prêchant dans la chapelle royale, avait censuré avec force la vie honteuse des vieillards libertins, le roi, apostrophant le maréchal de RicheUeu après le sermon : « Eh bien, duc de Richelieu, il me semble que le (( prédicateur a jeté bien des pierres dans votre jardin! « — Oui, Sire, répond ce vieuxrenard, et il en est même «rejailli quelque chose jusque dans le parc de Ver- « sailles *. » Certains mandements s'aventurent sur le terrain du socialisme, comme nous dirions aujourd'hui ; l'évêque d'Alais divise la société en deux classes, « l'une qui a tout et l'autre qui n'a rien, » et se demande

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