‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 115 sur 161 · T. m, 343 (1767); t. Vf · texte numérisé non relu

T. m, 343 (1767); t. Vf

il se font chefs d'opposition, ils arborent une manière de drapeau qui émeut l'opinion ; ils montent au Capitole dans les bras de la foule, grisés de ses applaudissements. La Clairon, en 1765, ose tenir tête à la reine de France : enfermée au Fort-l'Évêque, tout Paris, à pied et en carrosse, vient lui faire sa cour; c'est une fureur, « une fermentation étonnante dans Paris, » dit Bachaumont; a depuis longtemps matière aussi grave n'a été agitée à Versailles ; le ministère en est divisé. » Entourée d'une (( affluence prodigieuse » de visiteurs et d'adorateurs, la « divine Clairon, » mise au séquestre, donne des « soupers nombreux et magnifiques ; elle tient dans sa prison Tétat le plus brillant. » Ainsi débute par les comédiens la série' des ovations et des grands triomphes que va dorénavant décerner à ses favoris cette puissance née d'hier, la popularité ^

Les bons mots, les saillies rapides et légères de la plaisanterie française ont également tourné à la politique et mis leur verve au service de l'opposition. Le despotisme impatienté a beau se hérisser et se roidir, une nuée d'assaillants invisibles l'enveloppe et le harcèle; plus il sévit contre les défenseurs de la liberté, parlementaires et philosophes, plus il est en butte aux attaques de cette fronde insaisissable. La petite guerre redouble quand la grande guerre devient impossible. Les ministres du coup d'État de 1771 , Maupeou et l'abbé Terray, en font la désagréable expérience *. Le

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