T. H, 185, 212 ; T. III, 343 ; t. VI
2. « On continue les quolibets sur M. l'abbé Terray. On dit que le roi ▼a payer toutes ses dettes parce qu'il a trouvé un trésor enterré (en Terray). — On dit que M. l'abbé Terray est sans foiy qu'il nous ôte l'espérance et nous réduit à la charité. — Il y a dans Paris une petite rue, près la place des Victoires, qu'on iq)pelle la rue Vide-Gousset ; un de ces
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clergé aussi l'apprend à ses dépens, lui qui a toujours un faible pour les succès du despotisme ; pendant qu'il chante des Te Deum en Thonneur de la triste victoire remportée sur le Parlement, mille anecdotes scandaleuses, et qui probablement ne sont pas toutes mensongères, livrent à la malignité publique le secret de ses corruptions intimes ; il sort doublement diffamé de cette imprudente promiscuité avec un pouvoir odieux et une cour déshonorée *.
Le luxe immodéré de Paris, l'opulence et les débordements des plus célèbres courtisanes ^, les curiosités de l'esprit d'invention, les nouveautés du progrès sous les formes les plus diverses, tout ce qui occupe, amuse, excite, même pour un seul jour, une société spirituelle et passionnée vient prendre place dans la chronique, y mettre une nuance particulière, et contribuer ainsi à la variété du coup d'ceil, à la richesse de l'ensemble ^. Le
jours on a trouvé ce nom effacé et Ton y avait substitué nte Terray. — Le jour de l'ouverture de l'Opéra, comme on étouffait dans le parterre, quelqu'un s'écria : « Ah ) où est notre cher abbé Terray ? que n'est-il ici pournous réduire de moitié. « — T. V, 52, 76, 85, 93, 232, 235; t. VI, 434.
2. T. 111, 337; t. iV, 17, 431, 153 ; t. VI, 287 ; t. U, 203, 163. — De toutes les anecdotes que conte Bachaumont sur ce sujet délicat je ne citerai que celle-ci : « Mademoiselle du Miré de l'Opéra vient d'enterrer son amant. Les philosophes de Paris qui rient de tout lui ont fait i'épitaphe suivante qu'on suppose gravée en musique sur son tombeau : miy ré, la^ mij la, (T. II, 104.) — Pour le reste, je renvoie aux passaf^es indiqués ci-dessus.
3. Inventions citées par Bachaumont : a Une machine à feu pour le transport des voitures. Essayée pour l'artillerie en 1770, reprise en 1773 et adaptée à un bateau. » C'est la première idée des chemins de fer et des bateaux à vapeur. (T. V, 227 ; t. VI, 380.) — Invention des salons de iedure : u Le nommé Graogé, libraire, ouvre incessamment (30 décembre 1762), ce qu'il &pf»elle une salle littéraire. Pour trois sols pta^ séance on aura la liberté de lire plusieurs heures de suite toutes ies non* veautés. Cela rappellerait les lieux délicieiix d'ÀthèBes, ooanus sous ]» nom de l^cée, de poitiqae, etc., si le ton nurcenair* ne gAtait «es beaux
Paris que Bachaumont nous décrit, ce Paris ardent et frivole, capable des plus hardis desseins, animé des sentiments les plus fiers, livré en même temps aux caprices de la mode, aux entraînements du plaisir, — le Paris de 1770, couvrant un fond cynique et corrompu sous une apparence séduisante, a déjà pour nous, hommes du XIX® siècle, un aspect moderne et comme un air familier. Celui qui a lu les Mémoires secrets peut se dire qu'il a vécu pendant quelques heures de la vie intime du siècle de Voltaire et de Louis XV, et qu'il a ressaisi, dans un miroir sincère, la vraie image de cette société incomparable. Société heureuse, en effet, ornée de tous les dons^ comblée de tous les privilèges à la fois, notre pays n'en reverra jamais ni les splendeurs ni les félicités évanouies : elle jouissait encore de la stabilité que l'ancienne constitution lui assurait, et sur cette base immuable, qu'il était si facile de ne pas ruiner absolument^ elle appuyait des grandeurs idéales, des générosités enivrantes, des espérances illimitées dont elle a connu un peu tard la chimère et le danger.
établissements. » (T. 1, 184.) — Les ombrelles : « Une compagnie vient de former un établissement (1768) digne de la ville de Sybaris ; elle a obtenu un privilège exclusif f)our avoir des parasols et en fournir à ceux qui craindraient d'être incommodés du soleil pendant la traversée du Pont- Neuf. Il y aura des bureaux à chaque extrémité de ce pont où les voluptueux petits-maîtres qui ne voudront pas gâter leur teint se pourvoiront de cette utile machine. Il la rendront au bureau de l'autre côté, movennant deux liards par personne. Ce projet a commencé à s^exécuter lundi dernier... Tant d'industrie prouve à quel point l'argent est devenu un besoin indispensable et comment on se tourmente en tous sens pour en acquérir. » (T. IV, 357.)