T. II
436 FIN m L'ANCIEN RÉGIME.
lier, son influence disparue *. « Dans les boudoirs et jusque dans Tantichambre du roi on tenait les propos les plus séditieux ; la société regorgeait de brochures et de pamphlets contre l'autorité royale. » Cet esprit de révolte, le conflit des intérêts, le choc des passions et des opinions « avaient produit une caricature de guerre civile qui, sans chefs, sans poignards, sans poison, sans effusion de sang, en avait tous les inconvénients » et ne devait pas tarder à en provoquer tous les dangers *. L'heure des préludes était passée ; on allait voir succéder à cette image, et, comme dit le baron, à cette « caricature » , la réalité sérieuse et tragique. Les dernières pages des Mémoires de Bezenval retracent avec vivacité l'agitation fiévreuse de Paris en 1787 et 1788, le tumulte des séances du Parlement, l'insulte jetée à la face des princes du sang dans les salles même du Palais, l'émeute dans les rues, la police aux prises avec la population, les ministres brûlés en effigie « au milieu des pétards et des cris de joie » sur la place Dauphîne : tous les symptômes avant-coureurs de la grande maladie révolutionnaire d'où la France, après dix ans de crises affreuses, devait sortir épuisée et transformée^. En regard de cet immense désordre, Bezenval caractérise d'un mot l'insuffisance et la honteuse détresse du gouvernement : a De ce côté-là, dit-il, il n'y avait que des gens de petit esprit, de petites idées, et de petits moyens *. »