‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 134 sur 161 · T. II · texte numérisé non relu

T. II

4. T. H, 250. — Voir aussi les nombreux portraits politiques que ces Mémoires renferment. — T. I, 166, 333, 336; t. H, 20, 24, 33, 215, 267, 295, 337.

BliZENVAL ET MARIE-ANTOÏNETTE. 437

Le baron mourut le 20 juin 1791. 11 avait été engagé de sa personne dans les premiers événements de la Révolution. Forcé de fuir la colère du peuple qui ne lui pardonnait pas la répression de l'émeute du mois de mai 1789 et les ordres donnés aux troupes dans le mois de juillet suivant, il fut arrêté à Provins, mis en prison, et menacé d'être pendu. L'intervention de Necker le sauva et l'éloquence du célèbre de Sèze le fit acquitter au Châtelet, le 1" mars 1790. Un incident extraordinaire signala le jour de sa mort. 11 avait, ce jonr-là, vingt-cinq personnes à dîner. Pendant qu'on était à table, il entra dans la salle à manger en disant à ses convives : a C'est l'ombre du Commandeur qui vous fait sa visite. » Cette apparition, ces mots que rendaient encore plus sinistres une pâleur affreuse, un vêtement blanc et traînant, une voix pénible, des traits décomposés, répandirent un effroi qu'on eut peine à dissimuler. Il s'en aperçut, sourit et rentra dans le salon. Une heure après, il n'était plus*.

Attachons-nous à ces temps d'éclat et de faveur où le baron de Bezenval recevait les confidences d'une reine triomphante et, malgré ses cheveux blancs, osait suivre le char de cette princesse dans la foule brillante et indiscrète de ses adorateurs.

Cette faveur ne se fit pas attendre ; dès les premiers jours du règne elle combla l'heureux baron, mais elle avait le plus sérieux caractère. Bezenval s'était donné auprès de la jeune reine un rôle délicat et important : celui de mentor politique. « Elle me traitait, dit-il, avec beaucoup de bonté et de confiance, me parlant de

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