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tout ce qui Tintéressait *. » En 1774 il était assez fermement établi dans Tesprit de Marie Antoinette pour obtenir d'elle Texil du duc d'Aiguillon, comme une satisfaction accordée aux ressentiments de son ami le duc de Choiseul. Cela Tenhardit à former un grand dessein : il s'agissait de diriger Marie-Antoinette, de a lui donner la consistance nécessaire à sa gloire, » de la préparer, en un mot, à gouverner l'État par les conseils de ses favoris et pour leur plus grand bien. Le succès ne répondit pas entièrement aux vastes espérances de l'intrigue dont Bezenval se faisait l'instrument ; il reconnaît avec dépit son échec : « Je lui supposais, dit-il d'un ton piqué, l'étoffe que je me flattais de développer^. » Comme dédommagement, l'amitié de la reine lui resta, ainsi qu'une demi-confiance, qu'il cultiva jusqu'à la fin en bon courtisan, sans négliger aucune occasion de revenir au plan primitif et de ranimer son ambition découragée. Nous lisons dans ses Mémoires un chapitre intitulé : De la Société des rois. Il y conseille la réserve, la circonspection, une patience vigilante, toutes les vertus nécessaires à celui qui veut s'insinuer dans la faveur royale ou s'y maintenir : c'est son expérience qu'il a réduite en maximes^. Il nous a laissé un portrait flatteur et sans doute un peu flatté de « la so* ciété de la reine, » où présidait la belle comtesse Jules de Polignac, pareille « aux célestes figures peintes par Raphaël, » et d'un caractère « plus parfait encore que sa figure. » Cette société se composait, dit-il, « d'honnêtes geD s véritablement attachés à la reine, qui donnèrent le
3. T. II, 153, 156; tV/., 59, 60. Comparer sur ce point aux Mémoires de madame Canipan, 1. 1, 188.