‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 139 sur 161 · Mémoires · texte numérisé non relu

Mémoires

du bon ton et des bienséances élégantes que le régime nouveau enviait à Tancien. La femme de chambre, la confidente de Marie-Antoinette y fut, comme on sait, rinstitutrice d'Hortense de Beauharnais ; cette circonstance attira sur sa maison le regard investigateur de Napoléon, qui en 1805 lui confia l'établissement d'Ecouen créé par lui *. La Restauration, auprès de qui le souvenir de Marie-Antoinette était un faible titre, la disgracia comme coupable d'infidélité et d'ingratitude ; elle ensevelit ses chagrins récents avec ses plus anciens regrets dans la retraite où elle écrivit ses mémoires et mourut en 1822. Napoléon lui demandait un jour : (( Que faut-il aux jeunes personnes pour être bien élevées en France? — Des mères, répondit madame Campan. — Le mot est juste, repartit l'empereur^. » Il renferme, en effet, et non pas seulement pour les jeunes filles, le secret de toute bonne et sérieuse éducation.

Madame Campan, à qui n'a manqué ni le temps ni l'esprit nécessaires pour bien étudier le caractère de Marie-Antoinette, nous a laissé une histoire très-détaillée et très-plausible de la conduite de cette princesse ; elle nous y explique ses torts apparents aussi bien que ses fautes réelles, et quiconque a la moindre expérience de la noirceur inventive des passions politiques reconnaîtra sans peine, dans cet exposé des faits, les prétextes qui ont pu servir et inspirer la fureur coalisée des partis. Ceux qui la soupçonneraient d'une partialité trop favorable à la mémoire de la reine doivent réfléchir qu'à l'époque oii elle écrivait ses mémoires nul sentiment personnel, même le plus respectable, ne

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