MÉMOIRES DE MADAME CAMPÂN
de M. de Vergennes que cette réponse ; « Je ne puis accorder à la mère du dauphin ce que me demande la sœur de Tempereur *. » Voilà du moins ce que la reine « a souvent répété » à sa femme de chambre.
Nous avons fidèlement résumé le témoignage important de madame Campan ; nous le croyons sincère^ et même exact en beaucoup de points, quoiqu'il adoucisse la vérité et que Fauteur ait fort bien pu ne pas savoir tout. On a remarqué qu'il développe et confirme presque toujours les récits de Bezenval et d' Augeard ; à coup sûr il ne les contredit pas essentiellement ^. Nous allons maintenant placer en regard de ces trois mémoires les lettres authentiques de Marie-Antoinette elle-même, c'est-à-dire confronter son propre témoignage avec les récits des contemporains les plus dignes de foi.
1. Mémoires^ t. II, 29. — Correspondance secrète^ 1. 1, i40, 155.
2. Il a paru en 1823 uae brochure sous ce titre : Observations sur les Hémoires de madame Campan, par le baron d'Aubier, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. — Le baron a pris la plume pour approuver d'une part et certifier ce que madame Campan a dit.de Marie-Antoinette, et, d'autre part, pour s'inscrire en faux contre les critiques qu'elle fait du roi Louis XVI : « Il semble que madame Campan ne s'est occupée de Louis XVi que pour faire une ombre au tableau de Marie-Antoinette. » (P. 2.) — Cette brochure, œuvre de circonstance, n'a aucune valeur historique. — Sur Louis XVI, voir Mémoires de madame Campan, t. î, 119, 122, 124, 193.