T. VJ
3. « Il y a parmi eux deux cents jeunes geus qui ne cherchent que lé trouble. Si quelqu'un pense autrement, il est hue. » (T. I, 531.)
hier, cela va sans dire, était parmi les sages. D'ailleurs, en qualité de consultant et d'homme d'affaires, il n'avait point à exercer le prestige de la parole à côté .des Normand, des.Cochin, des Aubry, des Duhamel, des Berruyer, et il n'aimait pas à le subir. « Heureusenaent que mon père ni moi nous ne sommes point mêlés dans ces tapages, parmi ces esprits caustiques et turbulents. Je crois qu'il faut faire son emploi avec honneur sans se mêler d'affaires d'État sur lesquelles on n'a ni pouvoir ni mission *. » En parlant d'un de ses confrères qui s'était lancé un peu à l'étourdie dans quelque échauffourée : « Il doit bien se repentir, dit-il, d'avoir attaché le grelot dans une affaire aussi importante et qui peut avoir des suites ^. » Ce n'est pas lui qui sera jamais « un attacheur de grelot, » Il aime trop à répéter, en toute occasion grave, et lorsqu'il voit les têtes légères s'enivrer de la fumée d'un premier succès : « Il faut voir comment tout cela finira. »
Le régent, qui ne craignait pas la liberté et qui se contentait de rire au lieu de punir, avait tourné en plaisanterie ces rébellions du barreau. En 1718, après le lit de justice, l'éloquence des avocats s'était mise en grève : « Quoi I dit-il, ces b là s'en mêlent aussi I » — « Monseigneur, répondit quelqu'un, ce sont les plus difficiles à réduire ; car il est permis de faire taire un avocat, mais il est impossible de le faire parler malgré lui ^ » Le cardinal de Fleury, non moins habile, eut raison de pareils coups de tête avec quelques prévenances. Dans une affaire d'église, où les avocats s'étaient fort signalés, il les