‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 34 sur 161 · T. IV · texte numérisé non relu

T. IV

des deniers publics, le splendide gaspillage des écus du tiers État : « Notre pauvre argent 1 » s'écrie-t'il avec un soupir. C'est Tendroit sensible dans notre épicurien. 'L'énormité des faveurs lucratives dont on comble les grands au dépens de la misère des petits lui arrache des plaintes qu'on dirait déjà d'un révolutionnaire, et qui ne sont que d'un honnête homme indigné : « C'est ainsi qu'on agit dans ce pays. On retranche à cent pauvres familles des 'rentes viagères qui les faisaient subsister,' acquises avec des effets dont le roi était débiteur et dont le fonds est éteint; on donne 56,000 livres de pension à des gens qui ont été dans de grands postes oîi ils ont amassé des biens considérables, toujours aux dépens.du peuple, et cela pour se reposer et ne rien faire. Peut-on rien de moins sensé *? )> Oui, Tinjustice à ce point est de la démence ; mais qu'auriez-vous dit, sage chroniqueur, si vous aviez vu des révolutions entreprises tout exprès pour punir et prévenir ces folies cruelles, n'avoir pour effet que d'empirer le scandale? ' Cet ami du pouvoir se permet contre le pouvoir des ironies sanglantes. Un nouveau' ministre paraît, dont les , antécédents étaient ' suspects :: « Qui pourEait-on choisir de mieux dans ce pays-ci pour ministres que des fripons^?. » Je vais citer encore' un de ces bons mouvements qui' sont rares chez Barbier : « Ceci seul fait le portrait de . notre gouvernement. Voilà un .homme de rien' (M.' de Moras, fils d'unperruquier) qui, en deux ans de temps, est devenu plus riche que des princes,' et cette fortune, 'produite par le malheureux système de Law, est composée de la perte que deux cents partîcu-

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