LB JOURNAL DE BARBIER
liers ont faite sur leurs biens de famille ou sur des biens acquis après trente ans de travail dans toutes les professions 1 Cependant on a laissé ce bien à cet homme parce qu'il a été à portée de distribuer un million à des seigneurs et à des femmes de la cour, et on le place dans une charge honorable de magistrats ^ 1 » Voilà qui rachète les maximes un peu machiavéliques que nous avons citées plus haut.
Il en est de la religion comme de la politique ; l'esprit bourgeois s'y montre à la fois conservateur et opposant, hardi et timide. On ne peut pas dire qu'il soit irréUjgieux, mais la religion contient une foule de choses qui lui déplaisent; selon le mot d'aujourd'hui, il est anticlérical. Barbier, contemporain de Voltaire, n'a plus de préjugés, sans se montrer toutefois un fanatique d'incréduGté/La religion lui semble une institution utile, très-bonne pour le peuple ; quant à lui il s'en passe, et dans l'occasion il s'en moque : « Plus on creuse les matières religieuses, dit-il à propos des prétendus miracles du diacre Paris, et plus on voit l'incertitude des miracles reçus par; l'Église, qui se sont établis dans ces temps reculés avec aussi peu de fondement que ce qui se passe aujourd'hui sous nos yeux. » Cela n'est pas sans hardiesse, mais de telles échappées sont rares chez Barbier ; d'ordinaire il' raisonne peu et s'aventure rarement dans les discussions dogmatiques ; il aime mieux plaisanter. Badin très-pesant, ses épigrammes ne valent pas l'ironie de Bayle ni même les railleries de Mathieu Marais. Il dira, par exemple, à la fin de son article sur la bataille de Fontenoy : « Les deux premières semaines de ce mois-ci, les chevaux de poste et les confesseurs seront