‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 40 sur 161 · T. II · texte numérisé non relu

T. II

fennit, il monte, si je puis dire, dans U luroiôre, lotissant au-^dessous de lui les qualités frivoles et subalternei, les petits talents et les vains agréments dont le vulgaire est ébloui. Tel est d'Argenson ; il y â en lui un foyer toii" jours brûlant qui épure et transforme cette nature d'apparence épaisse } lui-même ^entait bien, à travers ses défaut?, ee qui faisait sa grandeur; il le dit, non sans Orgueil, dans oes analyses intimes et ces portraits per^ sonnela où, comme tons les auteurs de ConfeasionSj iJ ne se calomnie pas 8 « J'ai de l'imagination, \% cœur excellent, l'esprit moins bon qne le cœur et la langue plu^ mauvaise que tout cela... J'aime mieux l'être que le paraître ; il me faut de l'élévation dans les objets pou? m'inspirer la hardiesse nécessaire et lurtout la suite et la constance dans l'impulsion *. » Autre mot caractérisa tique : « Je le dis toujours, qu'on me donne des bons cœurs et des esprits droits, je mènerai le monde ^^ » Mais c'est précisément là le difficile pour le politique honnête homme, de trouver <( ces bons cœurs et ces esprit» droits » dans ceux qui le servent et dans la nation qu'il gouverne. D'Argenson, comme tant d'autres, nourris-^ sait cette illusion que le bien seul, par sa force propre, suffit à triompher de tout ce qui n'est pas lui ; et il nous donne oq singulier exemple de sa confiance naiive dans la puissance du mérite vertueux ; « Si l'on connaissait ee que je vaux, certainement on me voudrait en place, , , ; avec de Tapplication et de l'intelligence, il est impossible qu'on ne soit pas recherché de degrés en degrés pour les premiers emplois, car on a besoin de vous *• » Outre cet

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