T. VU
Nous connaissons cette chimère. Accorder tout à un homme à condition d'en espérer tout, est uii marché de dupe dont on risque de se repentir.
Eflfrayé de voir Tantique royauté baisser chaque jour daiis l*estime et rafFection des peuples, il eût voulu, pour la sauver, la rajeunir en liant sa fortune à celle des intérêts nouveaux et des idées en crédit. Vers 1788, on parla de lui confier l'éducation du jeune duc de Bourgogne, frère aîné de Louis XVI, qui mourut en 1761 . Il écrivait h ce sujet : « Je voudrais qu'on apprît aux héritiers de la couronne à aimer Dieu, à se méfier des prêtres, à éloigner les évoques de la cour; montrez-leur que la couronne ne les constitue qu'agents de la nation^ pour solliciter son bien et son plus grand bien ; inspirez-lèur de la tendresse pour les malheureux et peu d'égards pour les gens riches; qu'ils n'ôtent rien h céux-ci, maïs qu'ils s*en tiennent à la simple justice. .. » On voit cora* bien il entrait de sentiments libéraux et républicains dans son royalisme *.
Après toutes les preuves que nous avons déjà de la hardiesse de son esprit, on ne sera pas étonné de rencontrer sous sa plume une parfaite théorie du libre échange : « Le commerce de toutes choses devrait être aussi libre que l'air. . . On ne manque jamais d'air, quoiqu'il entre et qu'il sorte, on ne manquerait jamais de blé si on avait la même confiance dans la liberté *. » Chez lui cette confiance abonde, il a l'idée la plus haute de nos ressources et de notre énergie ; il s'indigne des entraves dont une manie policière a enveloppé et garrotté le génie de la France : « Laisser faire, telle devrait être