‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 61 sur 161 · LE CARDINAL · texte numérisé non relu

LE CARDINAL

Aïssé, rendent au cardinal un témoignage d'autant plus précieux qu'il exprime et reflète sans y penser l'opinion commune *. On peut voir dans les lettres de Fleury, citées par le président, que l'habile cardinal avait cette force du véritable homme politique qui résiste aux entraînements de son parti et fait taire quand il le faut ses préférences personnelles. Selon le mot de Barbier, bien qu'il aimât les jésuites, « sa douceur ne répondait pas à leurs idées violentes : » ses écrits et ses notes prouvent qu'il estimait à leur valeur les intrigants du parti moliniste ^. L'opinion européenne s'accorde avec le sentiment français sur les heureux effets de sa sagesse : « il a relevé et guéri la France, dit Frédéric dans ses mémoires ; il a payé une partie des dettes de Louis XIV, il a remis l'ordre dans l'administration troublée par le régent et ses amis ; il a rendu au royaume une prospérité intérieure qu'il n'avait point connue depuis 1672 '. » Cette sagesse patiente, volontiers cauteleuse, allant des affaires de l'intérieur à celles du dehors, devenait une diplomatie dont la France sent aujourd'hui, par un contraste douloureux, la supériorité. Voltaire avait ses raisons pour ne pas aimer le cardinal, ce qui ne l'a pas empêché d'être juste envers le ministre qui l'exilait, mais qui agrandissait notre pays. Il écrit en 1738 à un prince d'Allemagne :

Ce vieux madré de cardinal Qui vous escroqua la Lorraine....

1. Hénault,p. 148, 151, iJiZ.-^ Lettres (fÀîssé, p. iZO.^ Lettres de mademoiselle de Launay^ t. H, 243.

2. Voyez les fragments de lettres qui sont à la fin des Mémoires du président Hénault. Ces lettres sont adressées au cardinal de Teu«in, am> bassadeur de France à Rome, de 1739 à 1742. (P. 291-400.)

3. Walpole, dant ses Mémoires, lui est très-favorable, p. 91> 165, 169, 179, 238.

Moins que jamais nous avons le droit de médire des diplomates qui gagnent des provinces et des financiers qui réduisent la dette publique*.

Comme beaucoup d'hommes de gouvernement, Fleury eut Je tort de vivre et de gouverner trop longtemps. Défiant d'un regard ironique l'ardente jeunesse qui épiait sa fin, il mettait son orgueil à forcer la nature, à pousser à outrance le prodige qu'elle accomplissait eu sa faveur ; il s'obstinait à mourir debout. Entré à propos, il ne sut pas sortir au beau moment. Il vit se retourner contre lui ce qui avait fait sa force, l'opportunité. Il lui arriva l'inévitable : des intérêts et des talents nouveaux se produisirent tout à coup dans cette Europe où sa prudence, contente de son lot et n'aspirant plus qu'à goûter en paix une gloire mitigée, soufflait sans relâche l'assoupissement universel. Cette brusque invasion de Tindocilité des choses humaines troubla et déconcerta insolemment sa vieillesse respectée. Il fit tout h contrecœur et à contre-sens ; il fut trompé par les événements et joué par les hommes, double malheur dont les plus heureux et les plus habiles ne sont pas toujours garantis. Ses dernières années gâtèrent son œuvre au lieu de la couronner. Tandis qu'auparavant les avantages du système en cachaient les inconvénients, dès que le mal prit le dessus on ne vit plus autre chose.

Les informations récemment puWiées sont donc toutes en faveur du cardinal, sauf ce dernier instant ; elles mettent dans son vrai jour une politique solide et sans faux prestige que notre siècle, infatué de nouveautés

i. Fleury disait de l'Allemagne : « Elle ne sent pas ses fers et craint ceux de la France. Le point de réunion pour tous, c'est la crainte de la France. » (Président Hénault, Lettres, p. 343, 351, 356.)

LOUIS XV. t4i

dont il expie l'erreur, a trop dédaignée. L'opinion contemporaine, mieux avisée, l'a comprise et soutenue ; le pouvoir et Tesprit public, dont le combat allait bientôt agiter et remplir le siècle, marchaient alors d'intelligence dans une voie de modération sensée, et le fruit de cet accord, qui n'est jamais impunément rompu, fut comme toujours un accroissement de ressources au dedans et de puissance au dehors ^.

Ces mêmes témoignages, sans relever entièrement Louis XY de l'arrêt qui l'a condamné, nous aident du moins à marquer plus nettement qu'on ne l'avait fait jusqu'ici la différence des deux époques de sa royale carrière : l'une, celle où nous sommes, pendant laquelle il est encore l'espoir et l'amour de son peuple ; l'autre, où il s'abaisse par degrés et précipite avec lui la royauté dans la révolution du mépris. Il ne s'agit pas de réhabi-» lîter un roi justement condamné, mais de mieux pénétrer un caractère en partie mal connu. La sentence définitive restera sévère, mais les motifs du jugement seront plus clairement exprimés, et quelques restrictions eu adouciront la rigueur. Les Lettres de Louis ^V au maréchal de Noaillesj publiées en 1 864 par M. Camille Rousset, nous offrent le vivant commentaire des réflexions de Barbier et de d'Argenson; elles nous expliquent les incertitudes, les revirements de l'opinion publique longtemps abusée de quelques apparences et finalement jouée par l'impénétrable nullité du roi.

1. Ceux qui soiit curieux d'anecdotes peuvent consulter, sur la biogtt^ phie du cardinal Fleury, les Jdémoires de LuyneSy t. lU, 120; t. V, 2â7; t. tX, 175, 234. — Les Mélanges de Bois- Jourdain, t. UI, 75, 86. — Les Mémoires de d^ArgenaoUy 1. 1, 113. On y trouve de curieux détails sur les deux grandes influences de la petite cour du cardinal : le valet de chambré Barjac, et l'abbé Couturier, supérieur de Saint-Sulpice.

2«a LE MINISTÈRE DE FLEURY.

En recueillant ces indications nouvelles, dont la précision est sûre, il est permis d'ajouter quelques nuances aune figure historique souvent décrite, et de rafraîchir ce sombre portrait.

I^ouis XV n'était pas fatalement voué au mal et déshérité du bien. Sa nature molle et dissolue, qui devait aller si loin dans rabaissement continu, ne manquait à Torigine ni de dignité, ni de bon sens, ni de distinction. Ce sol léger contenait des semences de probité et d'esprit, d'oîi pouvait sortir, sous une influence plus saine, un caractère d'honnête homme et de roi. Chez lui, rien n'accuse l'ascendant irrésistible de ces principes vicieux dont le développement souille et flétrit une destinée. Ce n'est point une âme marquée d'un sceau de réprobation et de disgrâce morale. La fatalité corruptrice est venue du dehors. Tous nos grands rois, Louis XIV, Henri IV, Charles V, avaient eu pour début et pour école l'adversité. Louis XV est l'élève du despotisme florissant. Ce qui l'a perdu, ce fut d'être tout ensemble si faible comme homme et si peu contesté comme roi ; ce fut l'incapacité absolue de la volonté jointe à l'absolu de la souveraine puissance. Contre des séductions qui pour le vaincre s'armaient de son pouvoir illimité, que pouvait-il, âme sans nerf, intelligence sans gouvernail, sinon flotter à la dérive au milieu des voluptéset s'y abîmer? Louis XV et son successeur ont cédé tour à tour à l'une des deux influences suprêmes du xvnv siècle : le plaisir' et l'idée. En cédant, ils ont livré, l'un, le prestige royal, l'autre, la monarchie et l'ancienne société. Ce sont les deux vaincus de ce siècle triomphant qu'ils auraient dû gouverner. .

En 1743, au momentoîi lamort du cardinal, mettant

fin à une tutelle inamovible, permet au roi d'être le maître, il se produit dans le caractère de Louis XV une crise heureuse et pleine de promesses. La lutte s'engage entre sa générosité native et ce monde amollissant qui le circonvient, qui le gagne, sans l'envahir encore. II sort du huis-clos de sa minorité prolongée ; il écarte le nuage qui cachait aux regards des peuples la royauté nouvelle, il se montre avec les grâces de la jeunesse, avec le doux et joyeux éclat d'un avènement désiré. Tous les cœurs volent à lui ; l'odieux qui s'attache aux tyrans de passage qui ont abusé de l'interrègne se tourne en faveur de sa personne ; par une singulière fortune, l'héritier de Louis XIV cumule avec une autorité sans bornes la popularité qui le venge des ministres oppresseurs du peuple et des princes. « Nous avons donc un roi I » Tel est, disent les mémoires du temps, le cri qui s'échappe de l'allégresse et de la confiance publiques. Louis XV semble le justifier. Il est assidu aux conseils, il étudie les hommes et les choses, il voit les abus, il veut les réformes ; il fait son royal métier, le travail a pour lui le piquant d'un plaisir inconnu. 11 a des élans et des réparties dignes de sa race ; il regarde à la frontière, du côté de l'ennemi et du drapeau. €< Laisserai-je ainsi manger mon pays? » dit-il à ceux qui le retiennent. Quand le départ pour l'armée est fixé : (( Quel temps superbe I que je voudrais être plus vieux de quelques jours I » On lui dit que sa maison n'est pas prête, qu'il faut attendre. « Je sais, répondil, me passer d'équipages, et s'il le faut, l'épaule de mouton des sous*lieutenants d'infanterie me suffira K »

1. Correspondance de Louis XV et du maréchal de Noailles (1742- 1738), 1. 1, 108, 181, 213. -^Comparer le texte de cette correspondance et

m LE MINISTERE DE FLEURY.

Cependant, môme en ce premier feu, même en cette saison d^actîvité, de courage et d'espérance, où Thorizon étroit du règne s'élève et s'élargit, la faiblesse originelle reparaît, et vient traverser cette impétuosité de bon augure. Déjà on voit agir sous la noble chaleur le dissolvant qui doit glacer et paralyser tout. Rien de ferme et de suivi ne soutient ces louables velléités ; ce sont les saillies d'un cœur bien né, mais la personnalité virile, maîtresse des autres et d'elle-même, ne s'afOrme pas. Les plus graves résolutions sont ajournées par de subites défaillances, par des distractions faciles, par d'inexplicables oublis. Il est manifeste que Louis XV ne tient pas dans le sérieux, qu'il fuit la peine, et qu'il lui manque la vocation du grand. Il effleure le devoir et la gloire. Il dit comme Orosmane :

Je vais donner unQ heure aux soins de mon empire,

et une fois quitte de sa tâche princière, de son royal pensum^ il se hâte vers le repos. Il a obéi à ses mentors ; sa conscience d'écolier ne lui reproche rien. Le roi qui s'annonçait s'est éclipsé ^

L'insuffisance de Louis XV se reconnaît à un autre signe : l'absence de vues personnelles. Il n'a pas de système de gouvernement. Son unique principe, c'est l'imitation. Elevé dans le vide immense laissé par Louis XIV, son enfance silencieuse et solitaire avait reçu l'impression des lieux, des regrets, des souvenirs qui lui retraçaient la merveilleuse histoire du précédent

celui des chroniqueurs î Barbier, t. II, 420, 504, St3, 517, 519, 528. — D*Argenson, t. IV, 50, 53. — Luynes, l. VII, 183.

1. Correspondance de Louis XV ^ etc., t. II, 9, 50. — D'Argpenson, t. IV, 103. — Luynes, t/IV, 301.

règne. Il avait lentement recueillî ce visible et public testament de grandeur et respiré l'atmosphère récente de cette longue apothéose. Ce sentiment de vénération pour une puissante mémoire, le seul qui ait eu prise sur son âme débile, lui tint lieu de règle et d'invariable maxime. U y attacha sa volonté flottante; ce fut le seul ressort qui parut faire mouvoir le fantôme. Imiter Louis XIV, prendre ce qu'il peut de ce royal esprit, grandir sous l'ombre majestueuse de ce nom protecteur et s'y abriter, son ambition ne va pas au delà. Il a tellement besoin d'être soutenu, il existe si peu par lui-même, qull se cherche des appuis et dans le présent et dans le passé. 11 n'est pas roi, il est d'après un roi *• Du reste, cette imitation, son plus louable effort, lui réussit pour un temps. Entouré de vieillards qui ont connu Louis XIY, de Nestors fanfarons, mais expéri* mentes, qui vantent sans cesse les combats de géants où leur bras s'est montré, il remet en honneur les anciennes coutumes, la vieille discipline et le vieil esprit; il remonte peu à peu les ressorts de l'État, et avec cette vigueur d'emprunt il fait face à l'ennemi. Un semblant de grandeur se répand sur la cour efiéminée et la nation engourdie. Nos armées trouvent à Fontenoy, à Raucoux, àLawfeld, un regain de gloire. On signe en 1748 une paix infructueuse, mais honorable. L'éclat des fêtes de Versailles rejaillit de nouveau sur l'Europe étonnée; le génie des lettres et des arts y paraît en courtisan sous les traits de Voltaire; Jean- Jacques Rousseau y. figure pour la musique d'un ballet : la philosophie, à cette heure, est incertaine, désarmée ou soumise ; la révo-

1. Correspondance de Louis XF, etc., 1. 1, 27, 28, 210; t. H, 52.

lution ne gronde pas encore dans le lointain, et le cours du siècle peut changer*.

Plus tard, quand le royal personnage, s'amoindrîssant de jour en jour, est devenu cet être ennuyé, avili, qui fait honte à la débauche même, toute pensée sérieuse n'a pas absolument disparu de son âme éteinte. Il est moins bas qu'on ne le suppose. Il se désintéresse moins qu'il ne semble des fautes de son gouvernement et des revers de la nation. Il suit d'un œil morne l'échiquier de la politique étrangère. Ce reste de souci élevé, qui survit et surnage dans le misérable abîme où Louis XV se noie de plus en plus, produit dans ce reste de roi des effets singuliers. Il se sait mal servi, il est mécontent de l'allure générale des affaires, mais il n'a pas la force d'imposer une idée, une volonté qui soit à lui. Que faitil? Il cède en apparence, et il se venge en conspirant contre ses propres ministres. Caractère pusillanime, il se réfugie dans la duplicité, il se réserve comme une souveraine prérogative le département de l'espionnage ; il a sa politique personnelle, ses moyens particuliers, ses affidés; il se dérobe et s'embrouille dans un réseau de voies tortueuses et ténébreuses ; il a organisé tout un système de galeries souterraines qui aboutissent aux

1. Nous ne dirons rien de Tenthousiasme qui éclata en France à l'époque de la maladie du roi à Metz, en 1744. C'est un des lieux communs de rhistoire. On peut lire, à ce sujet, Luynes, t. III, 534-551; t. YI, 17, 43. — Quant au titre de Bien-Aimé^ ' Yoici ce que raconte le duc de Luynes : « C'est M. l'abbé Josset qui, à Metz, dans un sermon devant la reine, avait donné ce nom au roi. » Ce prédicateur le rappela en prêchant en 1748 à Versailles : « J*ai été assez heureux, Sire^ dans d'autres circonstances et en devenant l'interprète de la nation, d'être le premier à donner à Votre Majesté le titre de Bien-Aimé. Quel nouveau bonheur pour moi d'être le premier dans la chaire de vérité à vous féliciter sur ce grand œuvre de la paix que Votre Majesté vient de couronner si grlorieusement! » (T. IX, 117, novembre 1748.)

cabinets européens et qui éventent par des contre-mines la politique officielle. C*est là qu'il fait le roi. C'est par ces astuces et ces manèges que le successeur de Louis XIV intervient dans le règlement des plus graves intérêts de son temps ; c'est par ce canal qu'il y met la main. L'entretien de cette agence lui coûte dix mille livres par mois ; il y subvient avec les bénéfices de sa spéculation sur les grains, avec des lots gagnés et des dividendes réalisés. L'agio paye la délation. Il tremble d'être découvert ; il Testa la fin, ce double jeu honteux est percé à jour. Châtié par la risée de l'Europe, le roi conspirateur n'a pas le courage de sauver ses complices de l'exil ou de la prison. Voilà oîi en est venu cet absolu pouvoir que Louis XV personnifie. Un despote qui peut briser les instruments de son règne et qui aime mieux leur faire opposition dans l'ombre I L'homme en qui l'État monarchique est incarné se dépouillant de ce caractère presque surhumain, et sortant de sa nature d'exception pour organiser comme un particulier factieux une société secrète de politique étrangère contre l'État M Quelle est la conclusion de tout ceci? c'est qu'il faut bien distinguer les époques dans l'histoire de Louis XV et ne pas les envelopper dans la rigueur confuse d'un blâme général. Qu'on l'applique aux événements ou qu'on l'applique aux persortnes, la condamnation en masse ne saurait être un jugement.

A cette époque brillante du règne, la popularité de Louis XV se répand sur tout ce qui l'environne. Les plus chaleureuses démonstrations accueillent la famille royale à Paris ; le moindre événement qui intéresse la

\, Correspondance secrète inédite de Louis XV, par E. Boutaric. 2 volumei^, 1866.

maison de France devient aussitôt un bonheur ou an deuil public ^ Le lien qui unit l'antique dynastie à la nation a conservé êa force. Il n'est pas jusqu'aux amours de Louis XV qui n'aient leur part de cette indulgence, j'allais dire de cette faveur de l'opinion* Paris en belle humeur se contente de sourire, au nom des quatre sœurs ; ce qu'on redoute le plus, c'est l'insensibilité du roi ; le futur amant de la Dubarry, le héros prédestiné du parc aux cerfs avait alors le renom malséant d'un Hippolyte ; on se félicite qu'il ait «enfin trouvé ce qu'on appelait « .un arrangement » et, qu'on nous passe le mot (il est du temps), « une décrotteuse ^ » Cela lui formera, dit Barbier, <( le génie et les sentiments, » Tout est pour le mieux : il est u homme de tout point ; » il devient a hon* note homme ^. » On espère même de l'amour un plus grand miracle, on veut qu'il fasse sentir à l'élève languissant du cardinal l'aiguillon de Thonneur et la passion du grand; on veut qu'Armide fasse de son royal amant un autre Renaud. Les poètes disaient à la mat-tresse en titre :

Gomme une autre Sorel, fais entendre à ton roi Que seul dans ses États il doit donner la loi *.

On le précipitait dans la volupté, croyant l'envoyer à la gloire* La duchesse de Châteauroux, comme on sait, prit au sérieux ce vœu public ; elle complota dans l'intimité, avec le maréchal de Noailles, la transformation

1» Luynes, t. VI, 17, 48. — Barbier, t. II, 109. — Mém, de Waipole, p. 341.

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