‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 68 sur 161 · T. II · texte numérisé non relu

T. II

2. Barbier, l. II, 21, 29, 40, 54, 103, 179 (1728). - D'Argenson, t. II, 49, 71; t. lU» 213 (1739).

en particularités grotesques. On couvre de boue les mandements épiscopaux collés sur les murs. Un savetier insulte un prédicateur. Deux prêtres à la grand messe s'excommunient, Tinvective à la bouche. Un vicaire rompt publiquement avec son curé, détache ses habits sacerdotaux et quitte l'assemblée ' des fidèles*. (( Ce parti s'est grossi des honnêtes gens du royaume qui détestent la persécution et l'injustice. M, de Ferriol est occupé de cela au point de ne pas dormir *. » Il en est d'autres (Jue la préoccupation fanatique prive d'appétit. Le cardinal de Noailles, chef du jansénisme, avait faibli sur un point de la doctrine : « L'alarme est au camp, dit Barbier; j'en connais qui n'ont pas dîné le jour delà nouvelle ^. »

De là une habitude de divisions et de querelles dont on ne s'est plus défait, un acharnement de haine qui, s'attachant au clergé supérieur, réputé moliniste et courtisan, n'a plus lâché sa proie. L'odieux qui pesai^ dès lors sur une partie considérable de l'Église, est exprimé en 1738 avec une singulière amertume par d'Argenson : « Le patronage des ultramontains est devenu un rang tout aussi méprisé aujourd'hui et même davantage que celui de bourreau. QuelS gens que ces chefs d'ultramontanisme 1 Un archevêque d'Embrun, le fléau des honnêtes gens, simoniaque, incestueux, mauvais citoyen, déshonoré et honni partout. Son nom sonne à la patrie comme celui de Ravaillac. Nulles mœurs, l'intérêt est partout, l'hypocrisie tour-

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