Barbier, t. U
2. Lettres d'Aïssé, L. XVH; L. X (1727). — Barbier, t. H, 103.
3. T. n, 42 (1728). — te^re^ du chancelier d'Aguesseau, 1. 1, 219-322 ; l.n, 179, 288,313.
m LE MINISTÈRE DE FLEUftY.
mente les pauvres sujets du roi. On va tout droit à un schisme *• » A la cour, « où le jansénisme est en horreur, » on se roidit, on s'emporte contre les audaces de cette puissance d'opinion qu'on voit grandir : Janséniste y est synonyme de factieux; ce terme, dans la langue politique du xvui* siècle, précède et appelle celui de républicain j qui, vers 1780, commence à le remplacer *.
Tout cela nous aide à comprendre Tagitation qui s'emparait des esprits dans les occasions solennelles où le Parlement, gardien du droit national, faisait échec sur une question de finances ou de théologie, aux empiétements ultramontâins et à l'arbitraire ministériel. Nous sentons facilement quelle force donnait à la résistance légale l'adhésion impétueuse du peuple de Paris. Ouvrez les chroniques du xviu* siècle, vous verrez se ranimer le vieux forum parisien, avec ses multî* tudes, ses tribuns, ses chefs de parti : tout y reprend vie et couleur, le jeu des passions s'y déploie dans son originalité saisissante; une précision pleine de verve nous rend sensibles jusque dans les moindres détails cette mêlée d'opinions, cette fronde bizarre des colères dévotes et des récriminations bourgeoises , la rumeur des couvents, des collèges, des boutiques et des cafés, Ténergique bigarrure de la vieille liberté que nous suppoèons trop volontiers timide et sans moyens d'action. Nous qui avons connu et subi tant de tyrannies déguisées, tant de libéraux imposteurs, des défaillances pério^ diques et des violences tour à tour applaudies, nous
1. T. II, 4Ô, 71, 103, 162, 2^1. -^Barbier, l. JÎ,75, 149(1131). — CAronigue de la cour (1732), p. 27, 98.