‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 70 sur 161 · Barbier, t. IV · texte numérisé non relu

Barbier, t. IV

appartient* il de regardei' d'un œil dédaigneux les essais incorrects de cette liberté incomplète dont nos luttes plus régulières n'ont pas toujours égalé la force et la sincérité?

Voici^ par exemple, une difficulté grave qui surgît en 1728, en 1730, en 1732, en 1733, — car dans cette irritation passée à Tétat chronique les embarras renaissent et s'aggravent sans cesse ; le Parlement, maltraité par la cour, opprimé par Un lit de justice et soutenu par l'opinion, à' décidé une démission en masse. Les neuf chambres assemblées, — 308 magistrats, — ont signé, à l'exception de quelques membres ; les tribunaux info* rieurs, le Châtelet, la Cour des aides, le corps entier ded avocats cèdent au torrent : « Si quelque pacifique vou* lait ouvrir la bouche, les plus échauffés l'arrêtaient sur* le-champ en lui disant : « Monsieur, ne signes pas, il ne tient qu'à vous de vous déshonorer. Nous ne fraterniserons jamais avec vous. » Cela fait, « toutes les chambres sont sorties en même temps. Les magistrats marchaient deux à deux, les yeux baissés, passant au milieu d'un monde infini dont le palais était plein. Dans le chemin le public disait : Voilà de trais Romains^ les pères de la patrie! Ceux qui ont vu cette marche disaient qu'elle avait quelque chose d'auguste et qui trans* portait. Un homme bien mis cria tout haut dans la salle : Vive le Parlement M »

1. Barbier, t. n,S4, 30,32, 103, 110, l39, 161, â95, 302, 334, 347, 416, 521 1 t. m, 39. — Journal de Narbonîie, p. 221, 205, 489. — Le duc de Luynes, t. IX, 415, notis donne quelques détails sur la composition du Parlement. 11 Comprenait trois chambres et 447 membres, dont 308 magistrats. On y comptait 30 officiers subalternes et 30 officiers du roi, tenant le parquet. — Barbier nous fait connaître le prix des charges de magistrature à cette époque. Le prix était très-tariable. En 1730, une charge de conseiller au Parlement de Paris valait 40,000 livres. Quatre-vingts ans auparavant,

L'éloquence, pas plus que le courage et la popularité, ne faisait défaut à cette opposition parlementaire. Les contemporains nous décrivent avec admiration le talent oratoire de deux conseillers de grand'chambre, en qui Paris saluait a le Démosthènes et le Cicéron français : » l'un, Tabbé Pucelle, remarquable par la noble expression de sa figure, par un regard qui lançait l'éclair, par des gestes imposants et une parole véhémente ; l'autre, plus insinuant et plus flexible, versé dans l'art de circonvenir l'adversaire et d'arriver à son but par des tours inattendus; c'était l'abbé Menguy. On prenait note de leurs discours, on en distribuait des copies sous le manteau, et quand l'un ou l'autre traversait les salles du palais et les rues voisines, assiégées d'une foule ardente, on battait des mains, on leur jetait des couronnes, « on faisait des cris d'applaudissement; rien de plus glorieux et de plus flatteur, » ajoute Barbier, qui, lui aussi sans doute, a plus d'une fois applaudi ^

Le résultat pratique, immédiat, ne répondait pas toujours à ces démonstrations bruyantes; cette belle chaleur tombait devant les décisions du pouvoir, appuyées par la force, ce qui arrive assez souvent à l'en-

on avait payé 150,000 livres un siège à la grand'chambre. Ed 1733, lea charges remontèrent à 60,000 livres. En 1751 elles retombèrent à 34,000 livres. Les querelles du Parlement avec la cour et le clergé étaient la cause de ces variations. — En 1730, un siège au Ghâtelet valait 30,000 livres ; en 1751 il ne valait plus que 5,000 livres. — A la cour des comptes, un office de conseiller coûtait 150,000 livres; une place d'auditeur 70,000 livres. Les charges étaient de 45,000 livres à la cour des aides. La place de conseiller au Parlement rapportait environ 7 ou 8,000 livres dans la grand'chambre; les épices ne dépassaient guère 3,000 livres dans les enquêtes. (Barbier, t. H, 144, 385; t. V, 78, 79, 80.)

1. Barbier, t. H, 367. — Luynes, t. I, 337. Le duc cite quelques fragments de ces discours. — Journal de Narbonne, p. 278. — Mémoires du président Hénault, p. 402-404.

thousiasme français, même au xix* siècle. On brisait la résistance par des lettres de cachet, on la fatiguait par Texil, on ramollissait par la corruption ; la légèreté du caractère national faisait le reste : mais ces victoires, même alors, étaient désastreuses, car ce n'est pas sans péril qu'un gouvernement, placé en face d'une opposition solidement constituée, lui fournit Toccasion de s'exciter et de s'enhardir, de remuer ses masses et de faire sentir la puissance du nombre. Le bruit, en France, est toujours par lui-même un résultat. Aussi, qu'arrivait-il? Cet état exalté, cette atmosphère inflammatoire où vivaient les esprits, en tournant tout en aigreur, leur donna une humeur factieuse et belliqueuse, un insatiable besoin d'émotions, et ce que nous appelons un tempérament révolutionnaire. Des nuées de mécontents, magistrats persécutés, officiers dépossédés de leurs emplois ou lésés dans leurs intérêts, plaideurs ruinés par les interruptions de la justice, satiriques et pamphlétaires de tous les états, discoureurs de cafés, de salons, de places publiques, harcelèrent le pouvoir par de continuelles escarmouches, et inondèrent Paris des productions de leur verve anonyme. Outre son corps de bataille et ses masses compactes, l'opposition eut désormais ses troupes légères ^

On s'en aperçut, lorsque les premiers symptômes de l'affaiblissement du cardinal provoquèrent une crise aggravée par les embarras de la guerre d'Allemagne, en 1742 et 1743. Paris se trouva peuplé de frondeurs et d'alarmistes ; l'ennemi y compta de nombreux partisans, joyeux de nos défaites et redoutant nos succès :

1. Barbier, t. Il, 83, 289. — Bois-Jourdain, Mélanges^ t. III, 70, 75,

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on vît se produire cet effet scandaleux de nos querelles intestines, — Talliance morale des adversaires du gou* vernement avec Tenvahisseur du pays, la trahison deâ v(Bux secrets appelant Tétranger au secours d'un égoïsme impie et de criminelles espérances. Nos chroniqueurs s*étonnent d'une telle impudence et leur loyauté s'en afflige î « Il y a dans Paris, diâent Barbier et d'Argenson, beaucoup de gens malintentionnés qu'on appelle Autrichiens. On peut remarquer que sur dix personnes les trois quarts sont disposées à mal parler de nos entreprises et à saisir les mauvaises nouvelles. Tout le monde lit les gazettes de Hollande, d'Utrecht et de Cologne qui sont autrichiennes *. » Le gouvernement se* vit, il supprime les nouvelle!^ à la main^ fait des arrestations dans les cafés, sur les places publiques, et envoie les frondeurs à la Bastille : vaines rigueurs qui surexcitent l'opposition, au lieu de l'abattre. « Dès qu'un frondeur est puni, on accuse la cour de tyrannie et d'inhumanité ^ »

Reconnaissons à ces traits l'existence d'une opposition active et hardie, qui met à profit les fautes du pouvoir absolu et nous offre, dès cette époque lointaine, Une image frappante de nos libertés et de nos agitations modernes. Sans contredit, une France nouvelle appa* ralt, qui a rompu avec les traditions d'obéissance pas-

i. Barbier, t. lU, 325, 360, 818, S53 (1742); t. IV, 40 (174S). -- D'Afgenson, t. IV, 97. -^ Narbonne, p. 531. — Revue rétrospective^ chronique del721,t.V,63, 269, 270.

â. Revue rétrospective i t* V, B3. -^ Dana cette mémo chronique où lit, à la date du 25 octobre 1742, le faits-divers que votci : « Tous les passants et surtout les étrangers s'arrêtent pour lire une enseigne élevée dans la rue Saint-Antoine, qui annonce la boutique par ces mots : A l'Empereur des Français, Elle a paru singulière et occasiouné beaucoup de raisonnements. » T. V, 55.

PARLEMENTAIRES Wï JANSÉNISTES. 269

sîve et de muette résignation imposées, jusqu'à Ja fin, par la main de fer de Louis XIV : nous sommes en présence d'une opinion fiévreuse, prompte à la colère et à Tenthousiasme , encore fidèle au prince, respectueuse pour la royauté, mais exigeante et tra^ cassière pour le gouvernement, h peine intimidée par la Bastille en attendant qu'elle ose la prendre et la détruire.

Toutefois, n'exagérons rien : il s'en fallait, à la dalje 'OÙ nous sommes, que la situation fût sans ressources; une volonté sage et décidée pouvait encore tout redres^ ser, tout raflfermir. Nous l'avons dit plus haut, un sentiment général d'espérance, excité par la jeunesse du roi et bientôt confirmé par sa bonne conduite h l'ar" mée, dominait ces impressions fâcbeuseSt Aucune doc*trine radicale ne sapait les bases essentielles du pou'^ voijp; l'opposition que nous avons décrite ne menaçait dans le gouvernement que les abus du despotisme ; les partisans déjà nombreux du progrès politique atten* daient, pour marcher en avant, le signal et le mot dV'dre de Louis XY, — la France était prête à se rajeunir et à se transformer avec la royauté. Que ce soit donc là le résumé des observations qui précèdent. Dans la première moitié du xvni* siècle, les agitations parlementaires sont souvent bruyantes et passionnées, mais elles ne présentent aucun caractère menaçant et subversif • Aux jours de crise, l'orage trouble les surfaces sans descendre jusqu'aux profondeurs. Les masses populaires gardent leur foi au principe monarchique, L'opposition reste conservatrice; elle est, comme nous disons, consti*tutionnelle et dynastique ; mais avouons-le, l'action, chez elle, est moins modérée que la théorie, et ses emporte-

ments impriment déjà à Tesprit public des allures révolutionnaires *.

Pendant ce temps, que faisait la philosophie? Fort peu de bruit encore, et son personnage, en politique surtout, était assez modeste. Elle voyageait avec Voltaire et Montesquieu, étudiait la Hollande et l'Angleterre; elle s'insinuait au théâtre et n'entrait pas à l'Académie, ou n'y pénétrait que difficilement, en prodiguant les désaveux. Ses plus grandes hardiesses se glissaient dans des livres anonymes et subreptices ; elle commençait à courir les hasards de l'apostolat en fuyant le martyre. Mal vue du pouvoir, en faveur auprès des honnêtes gens, elle donnait le ton aux conversations et à la littérature; elle inspirait la haine du fanatisme et jetait le ridicule à pleines mains sur les querelles religieuses qui passionnaient le gros du public. Insaisissable, elle était partout. L'organisation, l'autorité, le nombre, l'ambition systématique et le dessein conquérant lui manquaient encore, ou du moins ne lui avaient pas donné la consistance et la force qui ont paru plus tard. Elle n'avait pas encore rallié son armée sous un drapeau déployé à ciel ouvert par des chefs accrédités. Le gouvernement la réprimait sans la craindre ; certainement il ne comptait pas avec elle. La libre pensée était une influence et n'était pas encore une puissance. Les mémoires, si prolixes sur les affaires du Parlement et du jansénisme, ne disent presque rien des philosophes. Ce qui séduit l'opinion dans Voltaire, c'est le poëte : sa philosophie et sa politique passent pour un travers d'esprit, pour l'effet d'une humeur bizarre et qui ne se gouverne

1. Barbier, t. II, 371 ; t. lU, 246. — D'Arg^enson, t. II, 145, 149, 370; t. m, 92, 172, 272, 431.

LES PHILOSOPHES. i71

pas. Ses démêlés avec la police, ses querelles avec les gens de lettres amusent le public et le passionnent trèspeu, jje sérieux, chez lui, parait une légèreté. Évitons une illusion assez commune et gardons-nous de transfigurer sous Téclat de ses dernières années Thistoire de ses commencements. Voltaire alors n'a rien d'un triomphateur ; ses partisans sont rares, son génie est contesté, son caractère injurié. Ceux qui admirent chez lui l'écrivain font profession de mépriser l'homme. Loin de maîtriser l'opinion, il est en lutte avec elle; il lui arrache des applaudissements mêlés de sifflets, il dispute à des adversaires acharnés et nombreux une gloire tout en lambeaux. On s'est étonné du mot de Saint-Simon : « Voltaire est une espèce de personnage dans un certain monde. » Ce mot qui, selon toute apparence, a été dit dans la première moitié du siècle, est assez vrai si on veut bien le lire à sa date et ne pas anticiper sur les succès à venir *.

Tel est le second trait distînctif de cette époque du siècle : le peu d'action que la philosophie exerce sur un mouvement politique qui est avant tout parlementaire et janséniste. Il existe dès lors un esprit philosophique très-répandu, il n'y a pas encore un parti des philosophes. Cet esprit subtil et hardi qui, s'insinuant partout, formait comme l'atmosphère du siècle, est caractérisé avec justesse dans une lettre peu connue que le P. Castel

1. Sur Volteire, Yoir Barbier, t. H, 97, 159; t. HI, 431; l. IV, 42, 146, 148, 279; t. V, 336.— Luynes, t. IV, 292, 459, 469; t. V, 292; t. VI, 469, 483; t. VII, 293; t. X, 338. Le pieux duc ne lui est pas très-défavorable, ce qui prouve qu'il le craignait peu. — Voir aussi Chronique de 1742 (Revue rétrospectivey t. IV, 457, 461; t. V, 240, 258, 387. L'écrivain de police qui rédige ces bulletins s'exprime ainsi : « Ce poète n'est pas aimé. 11 parait qu'il est décrié généralement. »

%n LE MINISTÈRE DE. FLEUR Y.

adressait en 1734 à Montesquieu au sujet des derniers chapitres de gon livre sur la Grandeur et la Décadence des Romains ; « Un grand nombre de beaux esprits et de gens de monde aimeront assez à voir traiter de haut en bas ce qu'ils appellent la prôtraille monastique et fronder même un peu l'ordre ecclésiastique, papes et évoques. C'est tout à fait le goût d'aujourd'hui. Il est pourtant vrai que les personnes d'un certain ordre ne se per« mettent ces insultes et ces hauteurs que dans les conversations et que tout ce qui en transpire dans le public ne vient que de petits auteurs ténébreu)^ et anonymes^ la plupart jeunes et licencieux. Une personne de votre nom, de votre rang, et, si votre modestie le permet, de votre mérite, se doit de grands égards à elle-même ^ » Nous touchons cependant au moment définitif oti la philosophie, prenant l'essor, va emporter dans les libres espaces de la spéculation pure les questions que débattait Tobstination étroite des partis, et les transformer en le» élevant. Tout ce qui a précédé n'est qu'un prélude ; voici rheure des revendications sérieuses et des attaques poussées à outrance ; c'est le vrai xvnf siècle qui va paraître dans sa puissante originalité, Barbier et d'Argenson, par l'abondance de leurs informations, nous permettent de marquer avec la dernière précision les causes et les progrès de cette révolution morale, Elle s'accomplit dans l'intervalle qui sépare la paix d'Aixla-Chapelle de la guerre de sept ans. Ces huit années (i748-17S7) contiennent en germe tout ce qui a éclaté

1. Charles Nisftrd, Mémoires et Correspondances historiques et iitiéraires (1858), p» 49, 50* — Le P. Gaetel, savant jésuite de Montpellier, est l'auteur du Traité de la pesanteur universelle, publié eo 1724, et du Clavecin oculaire.

depuis. A partir de cette époque la grande lutte s'engage sur le terrain même où elle s'achèvera. La limite des querelles d'ancien régime est franchie ; ce sont les principes de 89 qui entrent en discussion.

Comment l'opposition, de constitutionnelle qu'elle était, est-elle devenue révolutionnaire? A quels signes se révèle Tinfluence exercée par la philosophie sur la politique? La réponse à cette double question résumera Thistoire du changement profond qui, en si peu d'années, a renouvelé la face de l'ancienne France.

Première apparition de l'esprit réTolutionnaîre et de l'opinion

républicaine.

Deux causes, au milieu du xvni* siècle, ont suscité l'esprit révolutionnaire : d'une part, la querelle janséniste et parlementaire, envenimée par sa durée même; d'autre part, le sentiment de mépris provoqué par l'incapacité honteuse de ce roi qui avait été si longtemps l'amour et l'espoir de la France. Plus l'opinion avait été loyale dans sa confiance patiente, plus sa déception fut amère. On attendait du nouveavi roi le remède à tous les maux dont on souffrait, et c'était ce même roi qui mettait le comble aux désordres de son royaume. Le réformateur espéré se révélait comme le pire des abus de l'ancien régime I La foi monarchique avait jusque-là servi de frein aux passions ardentes que nous avons décrites; ce frein ôté, ou du moins fort relâché, la violence des partis se donna libre carrière. D'Argenson

constate qu'en 1748 Louis XV, au sortir de la guerre, avait encore tout son prestige; l'avenir était à lui, s'il avait su le maîtriser : « On est parvenu à son but, écrit à cette date notre observateur, on a affaibli ses ennemis et entamé la grandeur de la maison d'Autriche. On a la paix enfin. Que le roi voie toujours en grand, qu'il fasse de bons choix, qu'il mette l'emplâtre à l'ulcère et son règne sera très-glorieux*. » Ainsi s'exprimait un ministre disgracié, qui avait cependant ses raisons d'être mécontent et pessimiste, puisqu'il venait de perdre son portefeuille. Quelques années suffisent, en éclairant d'un jour scandaleux l'indignité du roi, pour le précipiter de cette situation dominante et le perdre dans l'estime des peuples. On verra combien la chute fut rapide et h quelles audaces spéculatives et pratiques s'emporta l'hostilité croissante des esprits.

Première nouveauté menaçante dans la lutte du Parlement contre la couronne : l'opposition renonce aux expédients et s'arme d'un principe. La question est posée entre le droit du peuple et celui du roi. On déchire le voile qui couvrait le mystère de l'État, on dissipe le vague dont s'enveloppaient à dessein les prétentions des deux partis : une précision toute moderne tranche dans le vif ces interminables difficultés et pousse le conflit à l*extrême pour en finir. « La France est-elle une monarchie tempérée et représentative ou un gouvernement à la turque? Vivons-nous sous la loi d'un maître absolu, ou sommes-nous régis par un pouvoir limité et contrôlé*?» Voilà en quels termes, d'une netteté catégorique, est soulevé le problème dont la solution réglera

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