Barbier, t. VI, lU; t. VH, 274, 300 (Hâa
cabinets : «Le roi voyant cet arrêté des Parlements, s'est écrié : « On voudrait donc que je misse ma couronne à « leurs pieds ! Il faut qu'il n'y ait plus de roi s'il subsiste <( encore en France un Parlement commece lui de Paris * . » Les écrivains gagés par le ministère composent des brochures où il démontrent que le langage du Parle ment est emprunté aux pamphlets les plus séditieux et aux plus mauvais jours du xvi* siècle. La Gazette de France insère, sous la forme d'un moderne communiqué, les affirmations de la thèse absolutiste : «L'universalité, la plénitude et l'indivisibilité du pouvoir existent dans la personne du roi ; le droit de la nation n'existe pas hors de l'autorité du roi; lorsque le roi use d'un pouvoir absolu, ce n'est pas là une voie irrégulière ; Tidée d'un seul Parlement général et national n'est qu'une chimère révolutionnaire. Le roi veut être servi et obéi*. » De cette fermentation de la cour sort naturellement, dès 1752, ridée chère à tous les despotismes en souffrance, l'idée et l'expédient d'un coup d'État : « Le roi a conçu une haine épouvantable contre le Parlement et n'en voit aucun membre sans frémir. On se conduit au désir de sabrer les récalcitrants plus que jamais. L'on fait de ceci une affaire de haut entêtement. Malheur à qui entête ainsi nos princes ^ 1 »
Nous avons vu poindre, même sous le cardinal de Fleury, des essais d'ovation publique et de manifestations populaires aux abords du Parlement. Aujourd'hui c'est bien autre chose : l'ardeur ne se ralentit plus, il y a autour de Topposition un parti de l'en-
1. Barbier, t. Vï, 158 (1757). — D'Argenson, t. IX, 370, 377.