T. II
L'ÉtiQUETTE A VERSAILLES. 313
écrira sans différence, « festin royal » et « banquet royal » : une telle impropriété d'expression serait une faute énorme qu'il ne peut commettre *. Quels sont les voyages où l'on sert le roi et la reine « en vaisselle de vermeille, et les dames avec des assiettes plates?» Quels sont ceux où le roi et la reine sont servis « en vaisselle d'or, les princesses avec des assiettes de vermeil contournées, et les dames avec des assiettes de vermeil ovées? )) Grande question, et qu'il faut résoudre si l'on veut être des Marly, des Compiègne et des Fontainebleau ^. Le duc n'a pas assez vécu pour être témoin du scandaleux oubli de l'étiquette qui a signalé le règne de Louis XVI et préludé à la Révolution ; mais il observait avec douleur, dès le milieu du siècle, l'affaiblissement des usages les plus respectables : « les révérences, » en particulier, perdaient chaque jour de leur grâce imposante et de leur sérieux profond. Il le déplore, et oppose à la simplicité expéditive des jeunes courtisans les manières solenjielles de l'ancienne cour : « Il y a encore un usage de respect qui paraît s'oublier tous les jours ; c'est les révérences des hommes au roi et à la reine, aux arrivées, départs et remercîments. Ces révérences se faisaient par une inclination profonde en portant la main jusqu'à terre. Quelques anciens courtisans la pratiquent encore;... c'était aussi une marque de respect que les révérences que les dames faisaient au lit du roi en passant par sa chambre à coucher ^. »
1. « Le mardi, le roi n'alla point à la chasse, et il y eut ce qu'on appelle le pot royal, mais seulement le petit pot royal.,. C'est un déjeuner que l'on met sur plusieurs tables de quadrille et de piquet, qui se prolonge quelquefois trois et quatre heures. Lorsque c'est le grand pot royal, il n'y a point de liste, etc. » (T. H, 177; t. UI, 8.)