T. VI
2. T. VI, 287; t. UI, 387 (1741). — Voir aussi Barbier, t. ÏV, 499.
donc pas pour lui? Reconnaissons qu'on trouve dans ses Mémoires quelques détails, peu importants, mais assez précis, sur le mouvement de nos fbttes et de nos armées : il a des correspondants en Allemagne, à Brest, à Toulon ; il tient de bonne source un certain nombre dé petits faits qui ne sont pas inutiles à Thistorién. On peut s'aider de ses renseignements pour débrouiller des points obscurs et pour fixer exactement la chronologie des opérations militaires. Le duc est de ces hommes qui, en toute rencontre, aiment à savoir et à dire l'heure au juste, et qui écrivent une montre à la main.
En 1743, il commence à hasarder quelques mots sur l'opposition du Parlement, parce que la reine, malgré sa résignation et sa solitude, s'en préoccupe. Mais les embarras de rintérieur et les difficultés .du dehors obscurcisse nt à peine de quelques nuages passagers l'humeur légère des courtisans. L'intérêt, pour eux, n'était pas da ce côté-là ; notre duc, l'un des plus sérieux esprits de ce monde frivole, en fait la remarque : « Madame de La Tournelle aura-t-elle quatre chevaux à son carrosse, ou bien en aura-t-elle six?» Grande affaire, et c'est la seule qui divise et agite Versailles pendant la guerre de 1744. Un peu plus tard, au milieu des troubles du jansénisme et du Parlement, la sérénité de cet heureux pays demeure inaltérable : « On dit que les esprits s'échauffent, et cela fait bien moins ici, je vous le jure, qu'une vole manquée, tant on est soigneux du bien public. C'est l'âge d'or que ce pays-ci; vous croiriez qu'il n'y a jamais eu de Parlements en France *. »
Le duc n'a pas cette insouciance ; mais la prudence le