‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 93 sur 161 · T. XI, 128,207; t. XII · texte numérisé non relu

T. XI, 128,207; t. XII

défauts, qui achèvent l'honnête homme, par exemple la timidité. S'il effleure le point délicat des rapports du roi et de la reine, il glisse avec la réserve significative d'un témoin p^ désireux de mettre le doigt entre l'arbre et i'éccarce : « Le roi dit hier à la reine : M. de Mailly est mort. — Et quel MaiDy? dit la reine (comme il ne venait jamais à la cour, la reine savait à peine s'il existait) . — Le véritable, répondit le roi. — Cette réponse m'a paru digne d'être marquée *. » Pourtant, à mesure •que les temps deviennent difficiles et que la faiblesse du pouvoir éclate, même à des yeux prévenus, le duc courtisan prend des libertés dans son Journal ; il y insinue des regrets étouffés, des plaintes amorties qui laissent deviner tout ce qui pouvait se produire de critiques parmi les femiliers de la reine, dans ce monde de mécontents respectueux, contenus par les bienséances et par la dévotion, mais assez éclairés pour comprendre que le vaisseau courait aux écueils sous la conduite d'un pilote aussi peu sûr : « Plus on connaît le roi, dit le duc, plus on est affligé qu'il ne veuille pas déclarer ses volontés... Il serait bien à désirer qu'il marquât une volonté plus effective ; ce qui serait le seul moyen d^en finir \ »

Les travers, pour ne pas dire les ridicules du dauphin, sont touchés d'une main très-amie : « M. le dauphin ne paraît pas prendre plus de goût aux amusements qu'il n'en a pris jusqu'à présent... Ce qu'il aime par-dessus tout, c'est de se coucher de bonne heure... M. le dauphin a »n goût très-vif pour madame la dauphine... Dimanche dernier, le roi lui demanda ce qu'il comptait

i. T. IX, 220 (1748).

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