‹ L'esprit public au XVIIIe siècleChapitre 95 sur 161 · T. XVI · texte numérisé non relu

T. XVI

dame de Maintenon, nourrissaient le désir de voir un jour le Parlement abaissé, la philosophie réduite au silence et les maîtresses congédiées. Le duc soutient les évêques dans leur opposition aux projets réformateurs du contrôleur général Machault ; il fait ressortir la libéralité de l'Église qui, de 1700 à 1749, a donné au roi 260 millions ; il défend l'archevêque de Paris, même contre les ministres qui l'exilent à Conflans ; il recueille toutes les pièces favorables au clergé ultramontain et aux jésuites dans les affaires du jansénisme ; bref, il est (( clérical. » Nous trouvons dans ses Mémoires l'écho modéré des sentiments qu'excitait autour de lui l'Encyclopédie naissante : «... C'est ce qui fait que les gens sensés et attachés à la religion sont justement prévenus contre un livre nouveau, dont le deuxième tome vient de paraître ; c'est V Encyclopédie^ dictionnaire fait par MM. d'Alembert et Diderot. Cet ouvrage pourrait être d'une utilité infinie par les détails immenses qu'il contient... Mais il est malheureux que tant de perfections soient accompagnées de principes qui tendent au déisme et même au matérialisme ; ces sentiments n'ont que trop de partisans aujourd'hui*. » Il n'oublie pas de relever les traits d'édification que la cour lui fournit, hélas ! en bien petit nombre : « Le roi paraît prier Dieu avec beaucoup de dévotion, et madame de Pompadour continue à entendre la messe tous les jours ^, » 11 faut être bien curieux d'exemples de piété pour aller les emprunter à madame de Pompadour !

Ajouterai-je qu^il se rencontre aussi chez lui quelques renseignements instructifs sur la constitution de l'an-

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