‹ L'esprit révolutionnaireChapitre 4 sur 14 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

la France, grâce aux principes de 89, s’adorant elle-même,n’avaitrien àadmirer, rien àaimer, rien à regretter dans l'héritage de ses ancêtres; rien à imiter, rien à emprunter chez les peuples étrangers. Que ces livres se répandent et acquièrent la popularité jusqu'ici attachée à toutes les productons malsaines, lesquelles, en mettant le comble à notre orgueil et à notre infatuation nationale, achèvent tous les jours notre ruine, et alors la restauration de la France sera possible. Alors on se . persuadera que la vraie formule du progrès des peuples et de la civilisation est renfermée dans cette parole de Notre-Seigneur : « Tout docteur habile dans la science du royaume de Dieu est semblable à un père de famille qu tire de son trésor, pour les besoins de ses enfants, des choses nouvelles et des choses anciennes (1).» Les choses

aussi une courte et substantielle brochure, Le Vrai 89, par M. Léon de Poncins, publiée par la Société bibliographique de Paris.

(4) Omnis scriba doctus in regno cœlorum ns est homini patrifamilias qui profert de thesauro suo nova et vetera. (Matth., x, 52.)

vI AVANT-PROPOS.

nouvelles, ce sont les lois et les institutions qui naissent des besoins nouveaux que chaque siècle voit éclore; c’est le côté changeant de la civilisation, celui dont saint Paul dit : Transit fiqura hujus mundi « La figure de ce monde passe et se renouvelle sans cesse. » C’est là proprement le domaine des politiques, auquel nous ne voulons pas toucher. Les choses anciennes, ce sont les principes soit de religion, soit de philosophie et de morale, justifiés par une expérience constante et universelle, sur lesquels toutes les sociétés reposent, dont elles ne s’écartent jamais sans décho, dont le respect amène toujours le progrès non-seulement moral, mais matériel; dont on peut dire qu'aucun législateur ne les a inventés, qui remontent à l’origine des sociétés, et par conséquent à Dieu même. Les choses anciennes, ce sont ces vérités primordiales qui forment la base solide sur laquelle seule le législateur peut bâtir un édifice durable, et qui sont le domaine propre du théologien et du moraliste. Ce sont

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