‹ L'essence de l'EspagneChapitre 2 sur 6 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR

taisiste en sa légèreté; En torno al casticismo est plus lourd de vérité humaine et de réalité espagnole,

La maîtrise d'Unamuno s'affirme dans la sûreté avec laquelle il dégage V essentiel. Il nous transporte en C astille,

Castille, qui fit l'Espagne (1)

et c'est dans ce cadre qu'il interroge les deux grandes productions de V esprit castillan, son théâtre et sa mystique. Voilà pourquoi les trois essais centraux de ce livre constituent une véritable Introduction à l'Espagne.

Peut-être reprocher a-t-on à sa vision un excès de système, un trop grand souci d'unité et de concordances. N'en soyons pas surpris. C'est de Taine que se nourrissait Unamuno dans le temps où il écrivit ces essais, dont l'inspiration déconcertera, en France, plus d'un lecteur du Sentiment tragique de la vie (2). On

(1) Antonio Machado, Campos de Castilla (Las encinas) .

(2) Madrid, 1912. La traduction de Marcel Faure-

vi L'ESSENCE DE L'ESPAGNE

parlera de contradiction; peut-être prononcera-t-on le mot de conversion. Il faut prévenir un si grave contresens.

L'esprit du présent livre ne se révèle pleinement que si on le rapproche de Paz en la guerra, qui parut deux ans plus tard. Dans cet étrange roman de la dernière guerre carliste, plus d'une pensée qui, dans ces essais En torno al casticismo, peut paraître arbitraire ou abstraite, se retrouve vivante en un personnage de chair. Et, comme il arrivait aux vieux maîtres de se peindre eux-mêmes parmi les personnages de leurs grands tableaux, tout au bord de la toile, — figure observatrice, distante du drame central, et qu'on s'étonne d'abord de voir si fouillée, — Unamuno nous a tracé de luimême un portrait infiniment précieux en la personne de Pachico Zabalbide. Grâce à ce personnage de fiction, nous remontons dans son passé, jusqu'à son enfance pieuse et concentrée, où la flamme vacil-

Beaulieu a paru aux éditions de la Nouvelle Revue française en 1917.

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