‹ L'essor (volume 2)Chapitre 4 sur 18 · A VENDREDI · texte numérisé non relu

A VENDREDI

Il répondit., brutal :

— - Pourquoi pas des sucres a 'orge?

Piquée de ce ton :

• — Eh bien ! je ne \eux rien de vous, répliqua-t-elle.

Alors, il dit très bas :

— Pardonnez-moi.

L'inconvenance d'avoir manqué, -^i i)eu que ce fût, à une femme, la peur d'avoir déplu à celle à laquelle entre toutes il \()ulait plaire, le confondit. Il se serait mis •^jj^ljfc^ à genoux sur la chaus-

^ ^^P "^' — Pardonnez, ré-

péta-t-il, je ne sais ce que j'ai ce soir. Ditesmoi que vous ne m'en voulez pas?

"Elle secoua doucement la tête, comprenant bien sa nervosité, puisqu'elle en était cause. Lucien sentit la manche d'astrakan peser avec nbandon sur son bras : et de promener en silence cette grande belle femme, bien d'accord et du même pas, lui parut plus suave encore que tout à l'heure.

Il lui contait les projets de théâtre. Elle objecta le temps que perdrait .Serge. Il se fit fort de le lui faire rattraper ; il pouvait lui donner des répétitions i)\us souvent.

Elle parut heureuse et dit :

— Vous êtes bon pour mon petit Serge.

S'il avait osé, comme il eût dit :

— Ça m'est très facile, puisque je vous aime.

Il murmura seulement :

IT-ELI,E D L-.V SOUniRE.

■ — Je suis trop heureux de vous faire plaisir.

Ils arrivèrent aux vitrines en feu du Lx)uvre. Elle dit :

— A bientôt.

— A vendredi, pour la leçon de Serge ;

— A vendredi, fit-elle d'un sourire.

Un garçon bleu lui ou\Tit la grande

porte de cristal. S'engouffrant dans un chatoiement d'étoffes, un va-et-vient de gens, elle se i:)erdit à ses yeux. Maudissant sa gaucherie, il sentit alors toute la convoitise et tout le regret qu'elle lui laissait. Il croyait percevoir encore le parfum de fourrure, et le frôlement de ses manches balancées qui caressaient les siennes d'un ondoiement rythmique.

-^i.M-ril

Il ferma les yeux.

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