A PARIS
Chez JEAN MARIET T E , rue Saint Jacques } v aux Colonnes d’Hercules. ^
IVLDCCXEV.
Avec Privilège du Roj è g*r Approbation des Docteurs,
Marque de librairie des Mariette, reproduisant leur enseigne.
PI. 41 ( voyez pp. 97 et 99).
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devint la maison des Commissaires Priseurs, lorsque ceux-ci furent, après deux tentatives infructueuses, définitivement constitués en corps (1778). L’inefficacité des mesures édictées précédemment, la persistance même du terme d’huissier-priseur qui est employé tardivement par les professionnels, permettent de supposer que les huissiers à verge du Châtelet tour à tour investis et dépossédés du droit de prisée, qui comportait une taxe de quatre deniers tournois par livre (2,77 pour cent), l’ont exercé pratiquement jusqu’aux environs de 1778.
C.-F. Joullain, qui appartenait à l’une de ces dynasties de marchands d’estampes dont nous avons eu l’occasion de parler, a publié en 1786 des Réflexions sur la Peinture et la Gravure accompagnées d’une courte dissertation sur le commerce de la curiosité et les ventes en général... On ne peut souhaiter mieux en fait de référence, ni faire autre chose que de citer: «Il ne faut pas s’étonner, dit Joullain, si les ventes attirent une grande affluence de monde; elles font spectacle par la variété et le mérite des objets qui les composent ; elle excitent l’attention en ce qu’elles offrent le tableau le plus piquant de la rivalité des amateurs entre eux, des amateurs contre les marchands, des marchands avec les artistes, des marchands avec leurs confrères.
« L’homme que la simple curiosité attire à une vente est toujours surpris de voir succéder en un instant, sur un même objet, la chaleur à l’indifférence, la lenteur des enchères sol à sol à la marche rapide des pistoles, des centaines de livres. Il se plait à contempler sur le visage de l’amateur cette indécision qui accompagne visiblement son goût le plus décidé, le désir qu’il aurait que l’on prolongeât l’intervalle des enchères. Il sourit de la figure composée du marchand qui feint à chaque instant d’abandonner un objet qu’il brûle d’avoir en sa possession, et qui n’agit ainsi que pour presser de plus en plus l’amateur à se déterminer, conduite d’autant plus adroite qu’il sait que par un pareil moyen, ou il lui fera sauter le fossé ou il l’en empêchera entièrement... » (p. 124).
Joullain fait une charge à tond contre les « étaleurs » qui ne peuvent acheter que des estampes de médiocre valeur pour les exposer ensuite aux regards du peuple en courant les risques de les voir emportées par le vent ou inondées par la pluie.
«■ Il en est d’eux, dit-il, comme des colporteurs de livres, engeance qui fait autant de tort au commerce de la librairie que les premiers en font au commerce des estampes, qu’ils avilissent (}) : réflexion qui peut encore s’étendre avec juste raison sur les marchands de tableaux, dont la plupart, pour ne pas les englober tous, (!) ne sont pas forts en réputation de probité. » Cependant, Joullain se trouve forcé de convenir que, parmi ces « étaleurs », certains, par leurs manières engageantes <c autant que par un fonds de délicatesse, sont parvenus, à se former un sort honnête et à s’attirer de la considération. » Mais il avait compris le rôle du marchand d’estampes comme celui d’un directeur de conscience et n’en revient pas de voir que les pénitents affranchis ne subviennent plus aux frais du culte !
« Du moment, dit-il, où le magasin du marchand n’a pu suffire à sa subsistance, au paiement de son loyer, à l’entretien de sa famille, il a fallu nécessairement que son esprit lui suggérât d’autres moyens de faire face à ses affaires... il a suivi l’amateur aux ventes, et s’est dédommagé de sa désertion, en lui faisant payer plus chèrement les morceaux sur lesquels il enchérissoit. » Mais c’est ruineux de constituer dans ces conditions un fonds de magasin, quel que soit le plaisir de revendre à l’amateur « avec un bénéfice honnête » la belle pièce devant laquelle il a, comme disent nos contemporains, manqué d’estomac.
(l) Le directeur de la Librairie, M. d’Hémery, ne paraît pas avoir une opinion beaucoup plus favorable des étaleurs d’estampes. Il demande à M. de Sartine (1771) des ordres pour que ces étaleurs, « pris fréquemment en délit pour des estampes indécentes, soient obligés, comme » les colporteurs, à se soumettre une fois par an au visa du directeur de la Librairie.
» Ces gens, dit-il, sont presque tous Normands et ils s’en retournent dans leur province à » l’entrée de l’hiver et reviennent à Paris au printemps, il ne manquent pas alors, pour la » plupart, de rapporter les livres les plus suspects. » (Bibliothèque nationale, Ms. français 22.121, pièce 2i.)
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