‹ L'esthétique anglaiseChapitre 5 sur 21 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

coiiimo la talalilé pinir qu'un printre consacre son temps, ses forces, sa vie, à tâcher de rendre sensibles pour d'autres des valeurs de lumière et de couleurs, des prestiges impondérables qui échappent au plus grand nombre et qui risquent fort, aux yeux du plus grand nombre, de faire paraître ses tableaux moins vraisemblables, qui sont presque sûrs même de passer pour une sotte faute de dessin.

Mais avec M. Ruskin nous aurons pour ainsi dire en main toutes les pièces nécessaires à l'instruction de ce procès; car il est lui-même le dernier mot de l'esprit littéraire appliqué aux choses de l'art. Ses efforts, nous le verrons, n'ont tendu qu'à renouveler la peinture en assimilant entièrement les tableaux aux livres, en exigeant d'eux tout ce que les esprits qui ne s'occupent pas d'art peuvent aimer dans les écrits des poètes, des savants ou des penseurs; et j'ajouterai que, par ses défauts comme par ses qualités, par sa logique qui pousse tout à l'extrême, comme par la variation de ses idées qui l'ont porté tour à tour aux deux pôles de la pensée, M. Ruskin est presque une expression complète du bien et du mal que l'influence littéraire peut faire aux arts plastiques. On y trouve, ce que les penseurs du dehors peuvent fournir de meilleur à la peinture, et ce qui peut seul la défendre contre les routines d'aleher et l'idolâtrie des procédés, ces deux fâcheuses superstitions auxquelles les artistes sont exposés en restant comme enfermes dans leur caste. On y trouve, veux-je dire, un profond sentiment des conditions morales que le peintre lui-même doit remplir pour pouvoir tirer

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