‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 102 sur 163 · Notice historique sur Lethière (i · texte numérisé non relu

Notice historique sur Lethière (i

lO/i LES AUTORITÉS MODERNES DE LA DOCTRINE

tous les classiques qui a professé à son égard le mépris le plus complet : c'est une ignorance voulue, fière d'elle-même, et qui s'affirme comme un dogme. Winckelmann avait très justement arrêté l'Histoire de l'Art à la mort de Constantin; (( les arts dégénérés éteignaient son imagination^ ». C'est par dilettantisme à la fois archéologique et philologique que Heyne s'est occcupé de l'art bysantin. Millin^, Delaborde\ Seroux d'Agincourt' perdent leur temps à explorer une époque (( infectée de barbarie jusqu'au xv^ siècle" ». D'Agincourt surtout, en essayant de « combler l'abîme du Moyen Age » pour prendre la suite de Winckelmann, s'est lancé dans une entreprise « où la critique ne trouve qu'un labyrinthe ténébreux et le goût qu'une suite d'ouvrages sans principes et sans imitation ». Si l'auteur n'a point écrit de texte afin de laisser parler les planches gravées, c'est qu'il n'est point «de sujet moins capable d'inspirer l'écrivain que l'histoire des arts pendant cet espace de temps, où l'on peut dire qu'il n'y eut point d'art ^ ».

Pour essayer de couper court au goût qui, sous l'Empire et la Restauration, entraîne nos critiques et historiens d'art, nos artistes (Gros, David même, Ingres, Baltard, Ducis, Bouton, Richard, Révoil, Granet...) vers les xi^'-xv*' siècles^ histoire ou légende, décor architectural, dessin que l'on s'obstine à regarder comme archaïque et naïf, Quatremère a engagé successivement deux duels : l'un contre Alexandre Lenoiret son Musée des Monuments français (de 1801 à 1816), l'autre contre Emeric David et ses admirables apologies de notre art médiéval (1816-1820). Le premier appartient à l'histoire des faits, et nous nous en occupons ailleurs^ Quant

1. Quatremère, article Heyne (Bjojyr. univers., t. XX, 1817, p. 354)-

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