Arch. Acad. B.-A., proc.-verb. 20 avril, 4 mai
Io6 LES AUTORITÉS MODERNES DE LA DOCTRINE
dent, sauf l'Italie, toute activité artistique jusqu'au grand (( risorgimento » ou intervention italienne au xvi^ siècle. Le secrétaire perpétuel envoie les remerciements de l'Académie, et annonce à ses confrères, sur cet « important ouvrage )) déposé à la Bibliothèque de l'Institut, un rapport, qui prend de son origine quasi officielle et du Journal des Savants \ où il occupe sept grands articles (1816-1819), une autorité qui impose. C'est, sous les apparences d'un compte rendu, l'affirmation de notre inaptitude naturelle à l'art, si notre génie n'est fécondé, comme à la Renaissance, par l'influence ultramontaine. Et l'on discerne entre les lignes cette insinuation implicite, que, pour vouloir depuis l'Empire secouer cette influence et retourner au gothique, l'art français revient à la barbarie de ses origines.
Emeric David, qui n'avait pas bronché lors de l'apparition de l'ouvrage de Gicognara, s'émeut de voir un membre de l'Institut, un secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux- Arts, (( aggraver de tout le poids de sa proj)re opinion » les blasphèmes de l'auteur. Frappé dans sa sensibilité artistique et dans son patriotisme, il réplique à l'un et à l'autre dans la (( Revue Encyclopédique », en 181 9 et en 1820, par une série d'articles^ oij l'on se demande ce qu'il faut le plus admirer : l'étendue de l'érudition archéologique, la sûreté du goût, la passion contenue. Entre les publications de Lenoir sur son Musée ^ et les premières enquêtes méthodiques d'Arcisse de Caumont \ qui s'attache surtout à l'archéologie monumentale, c'est l'apologie, la plus savante pour l'époque et la plus entraînante, de notre art français du moyen âge.
Il la fait distribuer, en brochure, à tous les membres de l'Académie des Inscriptions^ et de l'Académie des Beaux-
1. 1816, p. 35, 112, 217- 1817, p. 196; 1818, p. 6785 1819, p. 297, AoS.