‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 105 sur 163 · LE MOYEN AGE I O · texte numérisé non relu

LE MOYEN AGE I O

Arts. C'était frapper au cœur l'ennemi. Le procès- verbal de l'Académie des Beaux- Arts se contente de la mention élogieuse et des remerciements collectifs en usage en pareil cas, le tout signé de Quatremère \

Mais l'argumentation et l'éloquence de la brochure commencent à émouvoir les académiciens : dans la séance suivante ' ils votent c( des remerciements particuliers pour le beau zèle avec lequel l'auteur a pris la défense de la sculpture française en la vengeant des oublis et des critiques de M. Gicognara ». Emeric David demande un extrait de ce procès-verbal élogieux qui donne à sa chère doctrine la consécration de l'Institut. Quatremère fait observer à ses confrères que tel n'est point l'usage ; mais l'Académie « arrête, nonobstant, que cet extrait lui sera délivré, signé par le secrétaire )) ^ Sous le laconisme du compte rendu de cette nouvelle séance on sent la chaleur de la lutte qui met aux prises Em. David, assez audacieux pour attaquer la forteresse ellemême, le secrétaire perpétuel, qui la défend par conviction et par mission, les artistes académiciens, qui se laissent gagner par l'adversaire. Les sculpteurs, éclipsés par Ganova, avaient surtout beaucoup souffert de la superstition italienne dont Gicognara venait de composer le catéchisme.

Lorsqu'Em. David, en 1823, posera sa candidature à la succession de Gois à l'Académie des Beaux-Arts, il écrira au président qu'il a eu l'intention dans ses ouvrages (( de rendre justice auxhommes de talent de tous les âges, de tous les pays, de toutes les écoles » ^ ; mais il échouera. Lorsqu'en iS^/i il sollicitera une pension du vicomte de la Rochefoucauld, il invoquera comme un de ses meilleurs titres sa réplique au chauvin de Venise et à l'italianisant de l'Institut en faveur de nos sculpteurs du moyen âge : « J'ai vengé l'honneur du nom français '' ! » Mais Quatremère, en fait d'art, ne connaît

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