LA RENAISSANCE I
Mérimée, les Courajod... \ à prouver la vie intense, l'originalité indépendante au xni*' siècle, enfin l'universelle ou (( catholique » expansion de notre art gothique. La preuve en est que presque tous les médiévistes depuis Em. David, sauf peut-être Glarac qui est par tant de côtés son disciple, l'ont pris à parti.
Nous n'irons pas chercher nos autorités modernes dans notre Renaissance, puisqu'il est entendu, d'après son propre témoignage, qu'elle n'est telle que parce que (( le génie ita~ lien y préside ))^ Elargissant à l'infini les conséquences des expéditions de Charles VIII, de Louis XII et de François P' en Italie, d'où « ils rapportent le goût des arts » et « ramènent des colonies d'artistes » \ et surtout omettant toute distinction chronologique entre le déhut et la fin du siècle, il enfonce dans les esprits ce paradoxe, déjà ancien de trois siècles, que (( les arts ne furent pas indigènes chez nous, mais transplantés »*:
(( Presque tous les monuments, écrii-il, en font foi. Il ne s'agit que d'interroger les sculptures du Louvre, celles des tombeaux de Saint-Denis, les peintures de Fontainebleau, les statues équestres de Henri IV et de Louis XIII, l'Hôtel de Ville de Paris, le pont Notre-Dame et celui de l'Hôtel-Dieu, tous ouvrages dus à des artistes italiens » \ Mais Quatremère joue de malheur à la fois sur les questions de fait et sur les appréciations : Emeric David proclame bien haut que François F' et les italiens de Fontainebleau, Rosso, Primatice, Gellini, « ont égaré, non revivifié notre école » : leur dessin systématique, qui « se ressentait de la décadence italienne», n'a substitué qu'un style de convention à la manière simple et franche de nos maîtres ^ Pour les faits eux-mêmes,