‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 119 sur 163 · Moniteur, 28 août · texte numérisé non relu

Moniteur, 28 août

2. Annales encycl., 1817, t YI, p. 3i3. Winckelm. y est attaqué pour avoir méconnu les primitifs italiens.

3. Edit. de 1892 chez G. Lévj, p. 89, 96, 99 et passim. Il dit de Masaccio : « Je l'aime trop », et encore : « Nos peintres modernes médisant de, Masaccio ou de Giolto, c'est Marmontcl, secrétaire perpétuel de l'Académie française, présentant on toute modestie ses petites observations critiques sur Hotrou « (p.

[\. Rome, Naples et Florence, 1817, p. 22. « Filippo Lippi ou le frère Ange de Fiesole, quand le hasard leur faisait rencontrer une tête angélique, la copiaient exaclemenl. C'est ce qui rend si attachante l'étude des peintres de la deuxième moitié du xv" siècle. Je conçois que M. Cornélius et les autres peintres allemands de l\ome les aient pris pour modèles. » Voilà le héraut de Canova déjà propice aux « nazaréens », qu'il croit du reste séduits par le natura-

vieux modèles ; « qui ne préférerait Ghirlandajo à Girodet ? » Et Paillot de Montabert, de son côté, demande instamment aux artistes de « consulter Masaccio » *.

Ils l'ont fait. Quatremère avait assisté sous l'Empire à ce curieux mouvement né dans l'atelier même de David, et de l'excès même de son académisme. Il avait sans doute entendu le maître lui-même, son ami, vanter à ses heures perdues Giotto, fra Angelico, « surtout Perugin », qu'il cherche à imiter en composant son Léonidas sur un seul plan, et avec des figures isolées les unes des autres^. Il a probablement entendu Maurice Quay et la secte des « Penseurs » honnir tout ce qui n'était pas antérieur à Raphaël comme tout ce qui n'a pas précédé Phidias, et prosciire la Renaissance comme une décadence \ Agrégé en i8ô/i à la classe des Beaux- Arts de l'Institut, il a entendu les protestations réitérées de J. Lebreton, de Ménageot, de Vincent, contre ce « déUie » des jeunes (Broc, Granger, Ileim. les deux Franqiie, Ingres) qui afTectent le (lui, un dessin mesquin, raide et bizarre, et reculent vers (( l'enfance de l'Art » '^ .

Lorsqu'il assume officiellement en 1816 la mission de protéger les saines doctrines, on eût pu croire que ces égarements avaient cessé avec l'Empire ; en 181 4, Joachim Lebreton, son prédécesseur, se flattait déjà de ce résultat comme d'une victoire de la classe des Beaux-Arts. Quelle illusion ! de 1816 à 182/4, à Rome, puis à Florence, Ingres respire avec bonheur

lismc des Quattrocentistes. « En i5oo, on appelait beau ce qui était fidèlement imité ; le beau idéal eût passé pour incorrection » (La Peinture en Italie, p. 1 10).

1. Dissertation sur les peintures du Moyen Age. Paris, 1812, et Traité de Peinture, t. I, 1829, p. fii')i), 1^73 ; t. III, p. 7. Significative est l'opinion de Mme de Staël, dont la réceptivité féminine enregistre les idées exprimées autour d'elle : elle admire chez A.. Mantegna, chez Perugin, « ce naturel dans la manière d'être » qui fait contraste avec l'expression souvent théâtrale des peintres de son temps (Corinne, 1807, édit. i84i, p. 188).

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