Notice historique sur Vincent
3. Cf. R. Schneider, Quatremère de Quincy et son intervention dans les arts, IV^ Partie.
4. Il est à noter que si beaucoup de romantiques sont attirés par le xiv^ et le xv<î siècle italien, certains, comme Delacroix, leur restent sévères. « Le Giotto, dit Delacroix, fit un certain tableau qui ravit d'enthousiasme toute la population de Florence. On rendit au peintre les honneurs publics, et cela pour quelques images de saints d'un style renfrogné qui aujourd'hui ferait hausser les épaules à un bourgeois de Paris » (ancienne Rev. de Paris, i83o, II, p. i4o).
sance en lui apportant l'expéi ience du moyen âge expliquent en même temps l'aversion de Quatremère. S'il paraît faire quelques exceptions, c'est qu'il a ses raisons : s'il analyse complaisamment en 1821 le Trattato délia Pittara de Cennino Cennini, ce n'est pas pour proposer en modèle cette formule d'art encore bysantine, mais pour que nos artistes y retrouvent le secret des couleurs éternellement vives '. Il paraît enclin à quelque indulgence pour le xv'' siècle florentin, pour Masaccio, Benozzo Gozzoli, Ghiberti, Brunelleschi ; mais c'est par déférence pour Vasari, qui est l'oracle de l'Ecole pour la peinture italienne comme Vitruve l'est pour l'architecture antique. Il faut d'ailleurs qu'il soit entendu, dans le dogme de l'italianisme, que l'Italie n'a pas alors connu (( tout à fait la barbarie dont le reste de l'Europe fut infecté ». C'est la prélenlion de Cicognara, qui plaide pro domo. Une apparente exception est faite aussi, comme par toute l'époque, en faveur du Pérugin, qui eut l'honneur d'être le maître de Raphaël.
Mais le plus souvent il confond dans un indistinct (( moyen âge » la double diversité des époques et des écoles aux xiv" et xv** siècles. L'esprit classique, épris d'absolu et d'éternel, enclin à juger d'après des principes qui dominent toutes les relativités, écarte les distinctions de plus en plus multipliées que le sens historique introduit dans la masse des faits et des œuvres. Aussi Quntremère englobe-t-il dans la même sévérité^' l'école de « Bellin » qui est Venise, de Francia qui est de Bologne, de « Ghirlandaï » qui est de Florence, et de (( Pierre Yannucci » qui est de Città délia Pieve. La peinture est à ses yeux, jusqu'au xvi*' siècle, une sorte de protoplasma 011 l'individualité des groupes et des
1. L'ccole classique a espéré que ce vieux traité (vers T^S-y), publié à Rome par Tambroni en 182 i , patronné en France par Quatremère, Gastellan, Mérimée, etc., amènerait un retour vers le coloris clair et brillant (cf. Quatrem. clans le Journal des Savants, sept. 182 1). Il a été pratiqué par Vinchon, Guillemot, Abel de Pujol qui essayaient, à Saint-Sulpice, d'acclimater la fresque; mais sa fortune date surtout de Mottez qui en applique les préceptes et recettes au porcjie de Saint-Germain-l'Auxerrois, et le traduit (i858).