‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 136 sur 163 · Ici., p · texte numérisé non relu

Ici., p

4. Ici., p. 2g I. Si Raphaël ne doit presque rien à ses prédécesseurs, ses disciples en revanche lui doivent tout : la bataille de Constantin, qui est une belle œuvre, a ctc peinte par J. Romain, mais « l'éloge retourne toujours à Raphaël, puisqu'on peut dire que le talent de l'élève fait une partie du mérite et de la gloire du maître » C'est encore le préjugé qui a dominé la critique jusqu'à E. Muntz : elle a été lente à percevoir la précieuse originalité de disciples tels

LA PEINTURE ITALIENNE l3g

Vaga, Jean d'Udine n'obtiennent qu'une mention brève. A plus forte raison, coupe-t-il les communications entre lui et les peintres du xvii" siècle, tandis que Winckelmann, toujours épris des basses époques, et Lanzi, mettaient le Guide à côté ou même au-dessus du maître. Ainsi la perfection est un point délicat, auquel il ne faut chercher de développement ni avant ni après : il est presque en dehors du devenir. Autour de Raphaël le vide est fait comme autour d'un dieu,

Après l'avoir isolé dans sa perfection, il ne reste plus qu'à analyser celle-ci. Car son essence, c'est qu'elle se définit. Le génie échappe à toute prise : il ne faut pas avoir du génie^ Mais Raphaël eut mieux, puisqu'il eut la perfection. C'est pourquoi on peut suivre pas à pas son travail de création et décomposer les œuvres qu'il a créées. Par là même on peut l'offrir en modèle aux bons artistes, en leçon aux adversaires. Le (( Raphaël » se présente donc à la fois comme un panégyrique et un pamphlet. En 182/I le moment est critique : la gloire du maître descend à mesure que s'élève l'école nouvelle. Déjà en 181 7 Stendhal ne trouvait pas un chapitre à lui consacrer dans sa Peinture en Italie^ ; Hersent, qui est pourtant classique et de l'Institut, dit à qui veut l'entendre : (( entre nous, Raphaël est bien surfait» ^. Le Salon de 1822, par les œuvres de Delacroix, de Bonington, de Roqueplan, de Saint-Evre, de Scheiïer, deSigalon, d'Horace Yernet, était la négation de l'esthétique représentée par le maître. Aussi Quatremère s'efPorce-t-il de redresser sur son piédestal, face aux « novateurs », celui dont l'œuvre est l'illustration parfaite, ou plutôt le témoignage et la preuve de la doctrine.

La définition que l'école classique nous donne de son

que Jean d'Udine. R. Rochctte (Journal des Savants, 1825, p. 358) dénonçait déjà le sophisme de Quatremère.

I. Encore une idée chère aux classiques, ou plutôt à l'Académisme: elle inspire les Sentiments de VAcadéniie sur le C'id en 1687.

1. « Après Masaccio, Léonard de Vinci, Michel-Ange, le Frate, et André del Sarto paraissent tout à coup. C'est le bouquet du feu d'artifice. Il n'y a plus rien. » Pas un mot cIo Il.phaël (Hist. de la Peinture en Italie, p. 116).

Page 1