Œuvres, 178O. Paris, t. I, p. aog
6. L'Art de voir dans les B.-A., traduit par Pommereul, p. 2.
l52 LES AUTORITÉS MODERNES DE LA DOCTRINE
Rien d'étonnant, par conséquent, que notre école classique de l'Empire et de la Restauration reste hostile, ou du moins défiante à l'égard du maître que les autorités germanoitaliennes frappaient déjà d'ostracisme. En i8 12, David, hanté delà correction pseudo-classique, tranquille dans la majesté, inet en garde le jeune David d'Angers qui va partir pour Rome : c'est un « maître dangereux » par « sa manière fausse et affectée » \ Dans l'admirable Art statuaire (i8o5), qui est le catéchisme des jeunes sculpteurs de l'Empire, Emeric David lui reproche d'avoir introduit dans la statuaire les pratiques de la peinture '^ ; il ne pouvait être reconnaissant à qui apporte chez nous, par l'intermédiaire des Italiens de Fontainebleau, le dessin systématique. Paillot de Montabert le rend responsable des vices de la sculpture du xvni*' siècle, qui ne cherche « que le mouvement, lesprit, le remuant, tourmente même les drajîcries et va jusqu à violenter les étoffes» ; et puis, (( son terrible est sauvage, extravagant, hors de l'art )), son marbre chargé, sans ressort, lourdement bosselé^ : les marbres du Parthénon récemment révélés à f Europe (particulièrement par Quatremère) le condamnent sans réplique. Délécluze \ Clarac \ qui entrent parfois dans l'orbe du secrétaire perpétuel, lui infligent leur blâme, et cela est grave de la part de ce dernier, conservateur des antiques au Louvre et historien de notre Musée de Sculpture. Du reste, Michel-Ange reste bien isolé dans nos musées français : de 1 796 à 1798 les (( Guerres de la Liberté », qui apportent en masse au Louvre les œuvres italiennes, n'apportentpasun seul de ses tableaux : en 1 834, le dénombrement des tableaux n'en signale qu'un® ; dans le département des sculptures les deux Captifs, transférés ici du Musée des Monuments français 011 Alexandre